Article rédigé par Clément BOUDOT - Kinésithérapeute du sport
Le triathlon est un sport d'endurance qui combine des phases de natation, de cyclisme et de course Ă pied. Bien que la distance la plus connue pour une course de triathlon soit la distance complĂšte (Ă©galement connue sous le nom dâIronman), les courses de triathlon plus courtes (par exemple les distances olympiques ou Half-Ironamn) sont devenues populaires, car elles sont plus accessibles aux athlĂštes amateurs et de loisir.
Indépendamment de la distance, le triathlon est l'une des activités physiques les plus fatigantes, car il combine une longue durée (de 1 h 50 min pour la distance olympique à plus de 14 heures pour la distance Ironman) et une forte intensité d'exercice.
Au vu de lâallongement des distances et de lâintensitĂ© Ă©levĂ©e de ces compĂ©titions, les athlĂštes doivent se prĂ©parer de façon plus dure quâauparavant. Afin dâenchainer ces entrainements difficiles, les triathlĂštes doivent maitriser et optimiser leur rĂ©cupĂ©ration afin dâĂȘtre le plus performants possible pour la sĂ©ance Ă venir et enchainer les sĂ©ances dâintensitĂ© Ă©levĂ©es.
Traitement et stratégie de prévention
En fonction des facteurs physiopathologiques, les stratĂ©gies de rĂ©cupĂ©ration devraient se concentrer sur diffĂ©rents aspects, y compris, la prĂ©vention primaire des lĂ©sions structurels pendant l'exercice (prĂ©vention des dommages musculaires induits par lâexercice), le traitement des rĂ©ponses inflammatoires conduisant aux courbatures, et le traitement et les stratĂ©gies de rĂ©cupĂ©ration pour rĂ©duire les signes des courbatures ou DOMS. Une sĂ©rie d'interventions visant Ă prĂ©venir ou Ă soulager les symptĂŽmes des DOMS, accĂ©lĂ©rant ainsi le processus de rĂ©cupĂ©ration de cette condition limitant les performances, ont Ă©tĂ© rapportĂ©es.
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Le sommeil
La rĂ©duction du temps total de rĂ©gĂ©nĂ©ration lors des grands Ă©vĂšnements sportifs comportant plusieurs dĂ©parts fait prendre conscience que le sommeil est un Ă©lĂ©ment crucial du processus de rĂ©cupĂ©ration. La perturbation du sommeil peut ĂȘtre causĂ©e par l'entraĂźnement matinal, l'augmentation de la charge d'entraĂźnement, les heures de dĂ©part en voyage, le dĂ©calage horaire et l'altitude. Le manque de sommeil est associĂ© Ă une baisse des performances physiques et mentales, tandis que des niveaux optimaux de sommeil (en quantitĂ© et en qualitĂ©) ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă une augmentation des performances et Ă une rĂ©duction du risque de blessure.
Plus la demande de vitesse, de conscience tactique et de compĂ©tences techniques est importante dans un sport, plus celui-ci est sensible Ă la manipulation de la durĂ©e du sommeil. En outre, la manipulation du sommeil Ă long terme (sommeil chronique) est plus susceptible d'affecter les performances athlĂ©tiques que la manipulation du sommeil Ă court terme. Certaines Ă©tudes ont montrĂ© un effet positif de la prolongation du sommeil sur les performances. Dans le cas d'une nuit de sommeil insuffisante pourrait ĂȘtre l'introduction de siestes rapides, Ă condition que la durĂ©e de 30 minutes ne soit pas dĂ©passĂ©e.
Afin dâobtenir une durĂ©e suffisante de sommeil, il est conseillĂ© de suivre l'Ă©volution du sommeil pendant 2 semaines Ă l'aide d'un agenda du sommeil. Si la durĂ©e est insatisfaisante, il faut augmenter progressivement la durĂ©e du sommeil de 15 minutes toutes les 2-3 nuits, jusqu'Ă ce que l'athlĂšte se sente bien reposĂ© et alerte pendant la journĂ©e. Il faut avoir comme objectif d'augmenter la durĂ©e du sommeil nocturne de 30 Ă 60 minutes par nuit, ceci est particuliĂšrement important si la durĂ©e moyenne du sommeil est infĂ©rieure Ă 7 heures par nuit. Ăvitez les facteurs d'alerte dans la soirĂ©e. RĂ©duire l'exposition Ă la lumiĂšre ambiante en fin de soirĂ©e si possible, limiter l'utilisation d'appareils Ă©lectroniques au moins une heure avant le coucher, prĂ©voir une pĂ©riode de relaxation de 30 Ă 60 minutes avant le coucher. IdĂ©alement, ne consommez pas de cafĂ©ine aprĂšs le dĂ©jeuner.
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Compression
Pour la compression post-exercice, des modalitĂ©s hĂ©tĂ©rogĂšnes sont discutĂ©es. Pour la prĂ©vention des DOMS, plusieurs Ă©tudes ont montrĂ© des effets positifs sur la rĂ©cupĂ©ration, la fonction et la force des groupes musculaires traitĂ©s.La diminution des niveaux de CK (= Creatine Kinase) dĂ©montrĂ©e dans deux Ă©tudes et la rĂ©duction du niveau de lactate pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des marqueurs valables d'une amĂ©lioration de la rĂ©gĂ©nĂ©ration. Cela pourrait ĂȘtre attribuĂ© Ă une attĂ©nuation de la libĂ©ration de CK dans la circulation sanguine, Ă une meilleure Ă©limination de la circulation et Ă une amĂ©lioration de la rĂ©paration du tissu musculaire endommagĂ©. Cette thĂ©orie n'a toutefois pas pu ĂȘtre confirmĂ©e par lâIRM, qui nâa montrĂ© aucune rĂ©duction de l'ĆdĂšme ou des DOMS dans les mollets. Le seul paramĂštre significatif Ă©tait une normalisation plus rapide de la rigiditĂ© musculaire.
Lâutilisation des bottes de pressothĂ©rapie afin de diminuer les DOMS avec lâexercice reste un sujet peu Ă©tudiĂ©. Des rĂ©sultats contradictoires semblent Ă©mergĂ©s de la littĂ©rature, mais en lâabsence de preuves suffisantes on ne peut pas recommander formellement lâutilisation des bottes afin de prĂ©venir les DOMS.
Immersion en eau froide
Lâimmersion dans de lâeau froide pour la rĂ©cupĂ©ration et la rĂ©gĂ©nĂ©ration post-exercice est de plus en plus rĂ©pandue dans le sport de haut niveau. Plus prĂ©cisĂ©ment, lâimmersion dans lâeau froide s'est imposĂ©e comme une thĂ©rapie efficace pour faire face aux DOMS causĂ©s par lâexercice et attĂ©nuer les dĂ©ficits physiologiques et fonctionnels. Il existe de nombreuses preuves de son efficacitĂ© clinique en ce qui concerne l'amĂ©lioration de la rĂ©gĂ©nĂ©ration. Hohenauer et al., ont soulignĂ© que le froid est supĂ©rieur aux stratĂ©gies de rĂ©cupĂ©ration passive, obtenant ainsi les meilleurs rĂ©sultats dans la rĂ©duction des symptĂŽmes des DOMS. Cette constatation a Ă©tĂ© confirmĂ©e par Leeder et al., en particulier jusqu'Ă 96 heures aprĂšs l'exercice. Divers aspects favorisant une rĂ©gĂ©nĂ©ration plus rapide sont suggĂ©rĂ©s, comme une Ă©limination facilitĂ©e des mĂ©tabolites, une limitation de l'inflammation et des dommages cellulaires, des effets analgĂ©siques par l'activation des canaux cationiques M8 (TRPM8), situĂ©s dans les fibres a et c, une compression par l'augmentation de la pression hydrostatique et surtout une diminution de la tempĂ©rature des tissus, du flux sanguin et de l'effort cardiovasculaire.
En ce qui concerne la tempĂ©rature de l'eau, les meilleurs rĂ©sultats ont Ă©tĂ© obtenus entre 11 et 15 âŠC pendant 11 Ă 15 minutes. En outre, l'efficacitĂ© de lâimmersion dans le froid semble dĂ©pendre du type d'exercice prĂ©cĂ©dent. On pense que cela sera plus efficace pour attĂ©nuer les effets des DOMS induits par un exercice d'endurance prolongĂ© du corps entier. Les processus inflammatoires peuvent ĂȘtre limitĂ©s par une rĂ©gulation Ă la baisse du mĂ©tabolisme intramusculaire dĂ©pendant du froid.

Nutrition
L'importance de la nutrition post-exercice en tant que composante essentielle de la récupération est largement reconnue. L'importance de la supplémentation en protéines pour les triathlÚtes d'endurance est de plus en plus reconnue. La supplémentation en protéines aprÚs l'exercice améliore la synthÚse des protéines musculaires et l'activité des cellules satellites pour la réparation musculaire, et facilite en outre la resynthÚse du glycogÚne musculaire. Les acides aminés à chaßne ramifiée (BCAA), qui sont principalement métabolisés dans le muscle squelettique, sont censés avoir des effets positifs supplémentaires sur la production de cytokines liée à l'exercice dans les cas de processus structurels et métaboliques dus à des dommages musculaires causés par l'exercice. Une étude analysant les effets des BCAA dans les sports d'endurance a conclu que la supplémentation en BCAA réduit le degré de douleur et de dommages musculaires, la perception de l'effort et la fatigue mentale, stimule la réponse anabolique lors de la récupération et améliore la réponse immunitaire.
La dose et le timing de la prise restent encore débattus ainsi que le rapport entre les BCAA, mais un rapport 2/1/1 ou 3/1/1 entre la Leucine/Valine/Isoleucine semble optimal.
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Tout le contenu de cet article est prĂ©sentĂ© Ă titre informatif. Il ne remplace en aucun cas lâavis ou la visite dâun professionnel de santĂ©.
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Sources :
Hotfiel, T., Mayer, I., Huettel, M., Hoppe, M. W., Engelhardt, M., Lutter, C., Pöttgen, K., Heiss, R., Kastner, T., & Grim, C. (2019). Accelerating Recovery from Exercise-Induced Muscle Injuries in Triathletes: Considerations for Olympic Distance Races. Sports (Basel, Switzerland), 7(6), 143. Article sous Creative Commons Attribution license (CC-BY).
BOUDOT Clément (Rédacteur NeuroXtrain)
Kinésithérapeute passionné de sport, ayant pratiqué pendant plusieurs années du foot au FC Saint-Orens, puis du rugby au Rugby Club Quint Fonsegrives, pratiquant maintenant la course à pied et plus particuliÚrement le trail running.
DiplÎmé du D.U de kinésithérapie du sport à l'université de Nantes
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