Logo NeuroXtrain

Lésion de la syndesmose : explication et traitement

// RÉÉDUCATION

Ces lĂ©sions peuvent ĂȘtre le siĂšge de douleur ou d’instabilitĂ©s sĂ©quellaires si elles ne sont pas bien prises en charge et diagnostiquĂ©es initialement.

Mise en ligne le 15 Jan 2023
Mise Ă  jour le 15 Jan 2025
Syndesmose Tibia Fibula Ligament
Clément

Clément

Article rédigé par Clément BOUDOT - Kinésithérapeute du sport 

Introduction

Les lĂ©sions de la syndesmose concernent l'articulation tibio-fibulaire distale et peuvent, selon leur gravitĂ©, perturber la stabilitĂ© normale de l'articulation de la cheville. Les lĂ©sions de la syndesmose sont de plus en plus communes car mieux comprises et bien mieux diagnostiquĂ©es. Ces lĂ©sions peuvent ĂȘtre le siĂšge de douleur ou d’instabilitĂ©s sĂ©quellaires si elles ne sont pas bien prises en charge et diagnostiquĂ©es initialement.

Cette instabilité, si elle n'est pas traitée, elle peut entraßner une instabilité chronique et une impotence fonctionnelle importante, conduisant finalement à une arthrite dégénérative. L'objectif lors d'une lésion de la syndesmose est le retour à des activités complÚtes aussi rapidement et sûrement que possible. Cela peut impliquer une prise en charge chirurgicale ou non chirurgicale, suivie d'un programme de rééducation structuré. AprÚs le traitement initial, le patient peut s'attendre à une période de récupération de 2 à 6 mois avant de reprendre ses activités d'avant la blessure. Les clés du traitement des lésions de la syndesmose sont

1) la reconnaissance appropriée de la blessure et de sa gravité.

2) l'évaluation du degré d'instabilité.

3) la réduction et la stabilisation de l'articulation de la cheville.

4) une rééducation progressive axée sur l'amplitude complÚte des mouvements et la force normale.

Kinésithérapeute? Si vous souhaitez en savoir plus, inscrivez-vous à notre FORMATION cheville 100% E-Learning et prise en charge à 100% par le DPC.

Anatomie

La syndesmose est l’articulation entre le tibia et la fibula. Elle est stabilisĂ©e par 4 structures ligamentaires, Ă  savoir le ligament tibio fibulaire antĂ©ro-infĂ©rieur (LTFAI), le ligament tibio fibulaire postĂ©ro-infĂ©rieur (LTFPI), le ligament transverse et le ligament interosseux.

Cette pince, formĂ©e par le tibia et la fibula, s’articule avec le talus. La cheville est quant Ă  elle stabilisĂ©e en mĂ©dial par le ligament deltoĂŻdien. En latĂ©ral le ligament calcanĂ©o-fibulaire (LCF) et le ligament talo-fibulaire antĂ©rieur (LTFA) et postĂ©rieur (LTFP) stabilisent la cheville.

Étiologie

Les lĂ©sions de la syndesmose sont gĂ©nĂ©ralement rencontrĂ©es dans les sports de contact comme le rugby, le basket, le foot et sont faites lors de changement d’appui ou lors de contact direct Ă  la cheville. La rotation externe du talus a Ă©tĂ© identifiĂ©e comme le principal mĂ©canisme de lĂ©sion syndesmotique. Lors de la rotation externe du pied, la fibula est dĂ©placĂ©e vers l'arriĂšre et tourne vers l'extĂ©rieur, ce qui entraĂźne une force de traction Ă©levĂ©e sur le LTFAI.

ÉpidĂ©miologie

Les sources les plus récentes indiquent que les lésions de la syndesmose constituent 1 % à 18 % de toutes les entorses de la cheville. Au sein de la population sportive, l'incidence des blessures passe de 12 à 32 %.La prévalence des lésions du ligament transverse et du ligament tibio fibulaire postéro-inférieur dans les chevilles atteintes de syndesmose sans fracture évaluées par IRM, était de 76,5 et 41,2 %, respectivement. En outre, 50 % des lésions du ligament transverse sont survenues sans lésion du ligament tibio fibulaire postéro-inférieur.

Diagnostic et évaluation

Comme pour la plupart des blessures, une anamnĂšse et un examen clinique soigneux sont trĂšs importants pour parvenir Ă  un diagnostic correct et donc Ă  un traitement efficace.

L'ƓdĂšme sĂ©vĂšre n'est gĂ©nĂ©ralement pas prĂ©sent dans cette blessure au moment de l'examen, contrairement aux entorses latĂ©rales de la cheville oĂč il est plus frĂ©quent. Cela doit nous rendre mĂ©fiants, surtout en cas de douleur croissante ressentie lors de la rotation externe, de la flexion dorsale forcĂ©e de la cheville ou de la combinaison des deux mouvements.

La difficulté parfois rencontrée dans la détection de cette lésion a conduit au développement de nombreux tests d'examen clinique, le test de Kleiger, le cotton test, le test de translation de la fibula, le squeeze test et le crossed-leg test. Ces tests peuvent s'appliquer aussi bien aux lésions aiguës que chroniques. Le groupe de consensus de l'European Society of Sports Traumatology, Knee Surgery and Arthroscopy-Ankle & Foot Associates recommande que les tests cliniques comprennent : une sensibilité à la palpation sur le LTFAI et le LTFPI, plus la douleur est proximale plus la lésion est étendue, le test de translation de la fibula, et le Cotton test.

Également des imageries peuvent ĂȘtre demandĂ©es afin d’affiner le diagnostic. Un bilan radiographique ainsi qu’une Ă©chographie peuvent ĂȘtre demandĂ©es avant l‘IRM qui reste l’outil le plus prĂ©cis avec une spĂ©cifitĂ© de prĂšs de 100% dans le diagnostic des lĂ©sions de la syndesmose.

L’IRM permet de classer les lĂ©sions de la syndesmoses en 3 grades distincts :

Tableau adaptĂ© de l’étude de de-Las-Heras Romero et al.

Facteurs de risques

Aucun facteur de risque n’est mis en avant dans la littĂ©rature Ă  ce jour. Cependant les hommes semblent ĂȘtre plus Ă  risques, Ă©galement les sports de contacts prĂ©disposent Ă  cette blessure. Comme souvent cette blessure arrive plus souvent en compĂ©tition qu’en entrainement.

Traitement et prévention

Les entorses syndesmotiques sans instabilitĂ© doivent ĂȘtre traitĂ©es de maniĂšre non chirurgicale car elles guĂ©rissent gĂ©nĂ©ralement aprĂšs un traitement conservateur. Le protocole le plus rĂ©pandu est l'approche en trois phases. La premiĂšre phase du traitement comprend le repos, la glace, la compression et l'Ă©lĂ©vation pendant une pĂ©riode d'une Ă  deux semaines, ainsi qu'une immobilisation sans port de poids, de prĂ©fĂ©rence dans une botte de marche.

Dans la deuxiĂšme phase, la marche dans une orthĂšse fonctionnelle peut ĂȘtre commencĂ©e, ainsi que la physiothĂ©rapie comprenant la mobilisation des articulations, l'entraĂźnement de la force et la restauration des fonctions de base de la cheville.


La phase finale comprend l'entraĂźnement du contrĂŽle neuromusculaire et de la proprioception jusqu'Ă  la rĂ©cupĂ©ration complĂšte des fonctions de la cheville. Les lĂ©sions stables ont un trĂšs bon pronostic. Amendola et al., ont rapportĂ© que la plupart des patients retrouvent une fonction bonne ou excellente une fois leur blessure guĂ©rie, bien qu'ils doivent ĂȘtre suivis pendant au moins six mois pour exclure les complications telles que l'ossification hĂ©tĂ©rotopique, la calcification syndesmotique ou le conflit antĂ©rieur secondaire Ă  la formation de cicatrices fibreuses. Le dĂ©lai moyen de retour Ă  des activitĂ©s normales est de quatre Ă  huit semaines.

Plusieurs opérations sont possibles afin de stabiliser une instabilité de la syndesmose, la stabilisation par vis, broche ou bouton de suture. La rééducation post-opératoire de ces lésions est donc différentes et doit se faire progressivement en respectant certaines grandes directives. Porter et al., ont décrit le protocole suivant pour la rééducation post-opératoire.

Diagnostics différentiels

Lorsqu’un patient vient pour une lĂ©sion de la syndesmose il faudra Ă©liminer :

  • Les entorses latĂ©rales de chevilles.

  • Les entorses du ligament deltoĂŻdien.

  • Les fractures des mallĂ©oles.

  • Le syndrome du carrefour antĂ©rieur.

  • Le syndrome du carrefour postĂ©rieur.

A lire également :

 

Tout le contenu de cet article est prĂ©sentĂ© Ă  titre informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis ou la visite d’un professionnel de santĂ©.

Sources :

 

Porter, D. A., Jaggers, R. R., Barnes, A. F., & Rund, A. M. (2014). Optimal management of ankle syndesmosis injuries. Open access journal of sports medicine, 5, 173–182. Article sous License Creative Commons BY-NC 3.0.

de-Las-Heras Romero, J., Alvarez, A. M. L., Sanchez, F. M., Garcia, A. P., Porcel, P. A. G., Sarabia, R. V., & Torralba, M. H. (2017). Management of syndesmotic injuries of the ankle. EFORT open reviews, 2(9), 403–409. Article sous License Creative Commons BY-NC 4.0.

Yuen, C. P., & Lui, T. H. (2017). Distal Tibiofibular Syndesmosis: Anatomy, Biomechanics, Injury and Management. The open orthopaedics journal, 11, 670–677. Article sous Creative Commons Attribution 4.0 International Public License (CC-BY 4.0).

Shiwaku, K., Teramoto, A., Iba, K., Otsubo, H., Kamiya, T., Shoji, H., Watanabe, K., & Yamashita, T. (2022). The prevalence of posterior inferior tibiofibular ligament and inferior tibiofibular transverse ligament injuries in syndesmosis-injured ankles evaluated by oblique axial magnetic resonance imaging: a retrospective study. BMC musculoskeletal disorders, 23(1), 264. Article sous Creative Commons Attribution 4.0 International License (CC-BY 4.0).