L’Échelle de Tampa de la kinésiophobie (TSK) est un questionnaire d’auto-évaluation destiné à mesurer la peur du mouvement et de l’activité physique liée à la douleur, ainsi que les croyances de blessure ou de reblessure associées.
Elle permet d’identifier les patients chez qui la peur d’avoir mal ou de se blesser constitue un frein majeur à la récupération fonctionnelle.
Population concernée
Patients présentant des douleurs musculo-squelettiques :
- lombalgies, cervicalgies, douleurs chroniques,
- suites de traumatismes ou de chirurgie,
- patients en rééducation avec comportements d’évitement du mouvement,
- sportifs en reprise d’activité après blessure.
Structure du questionnaire
La version la plus utilisée comprend 17 items explorant :
- la peur du mouvement,
- la peur de la douleur,
- les croyances catastrophiques liées à l’activité physique,
- l’évitement des mouvements perçus comme dangereux.
Des versions abrégées existent (ex. TSK-11) pour un usage clinique plus rapide.
Cotation et interprétation
Chaque item est coté sur une échelle de Likert (1 à 4) allant de « tout à fait en désaccord » à « tout à fait d’accord ».
Le score total de la TSK-17 varie de :
- 17 Ă 68
Un score plus élevé correspond à un niveau plus élevé de kinésiophobie.
En pratique clinique, des scores élevés sont associés à :
- plus d’évitement de l’activité,
- un risque accru de chronicisation de la douleur,
- une récupération fonctionnelle plus lente.
Intérêt clinique
La TSK permet :
- d’identifier les freins psychologiques à la reprise du mouvement,
- d’orienter la prise en charge vers des stratégies d’exposition graduée au mouvement,
- d’adapter le discours thérapeutique (réassurance, éducation thérapeutique),
- de suivre l’évolution de la peur du mouvement au cours de la rééducation.
Elle est particulièrement utile dans les approches biopsychosociales de la douleur.
Propriétés psychométriques
Fiabilité
Bonne cohérence interne.
Bonne reproductibilité test-retest.
Validité
Bonne validité de construit pour l’évaluation de la kinésiophobie.
Corrélations pertinentes avec la douleur perçue, le handicap fonctionnel et l’évitement de l’activité.
Sensibilité au changement
Capacité correcte à détecter les évolutions de la peur du mouvement au cours d’une prise en charge adaptée.
Limites
- Outil subjectif dépendant du vécu du patient.
- Ne constitue pas un diagnostic psychologique, mais un outil de dépistage.
- Interprétation à contextualiser selon la phase de la pathologie et le contexte psychosocial.
- À utiliser en complément d’outils de handicap fonctionnel (ODI, QBPDS, RMQ) et de l’examen clinique.
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