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Test d’Ortolani

// TESTS CLINIQUES

Chez un nourrisson présentant une luxation de hanche, la tête fémorale est déplacée en dehors du cotyle. La manœuvre d’Ortolani vise à vérifier si cette tête fémorale est réductible, ce qui traduit une instabilité articulaire encore partiellement corrigea

Mise en ligne le 20 Mar 2026
Mise Ă  jour le 20 Mar 2026
Antoine

Antoine

Définition

Le test d’Ortolani est une manœuvre clinique utilisée lors de l’examen néonatal et du nourrisson afin de dépister une luxation congénitale de la hanche ou, plus largement, une dysplasie développementale de la hanche (DDH).

 

Il consiste à rechercher un ressaut caractéristique, correspondant à la réduction de la tête fémorale dans le cotyle lors de la mobilisation de la hanche.

 

Principe physiopathologique

Chez un nourrisson présentant une luxation de hanche, la tête fémorale est déplacée en dehors du cotyle. La manœuvre d’Ortolani vise à vérifier si cette tête fémorale est réductible, ce qui traduit une instabilité articulaire encore partiellement corrigeable.

 

Le ressaut perçu correspond au passage de la tête fémorale par-dessus le rebord acétabulaire lors de sa réintégration dans le cotyle.

 

Technique de réalisation

L’examen est réalisé dans des conditions optimales :

  • nourrisson détendu, idéalement calme,
  • enfant en décubitus dorsal,
  • bassin stabilisé par l’examinateur.

 

Position de départ

  • hanches fléchies à environ 90°,
  • genoux fléchis,
  • pouces placés sur la face interne des cuisses,
  • index et majeurs positionnés au niveau du grand trochanter.

 

Manœuvre

L’examinateur effectue :

  • une abduction progressive de la hanche,
  • associée à une légère traction dans l’axe du fémur,
  • tout en maintenant le bassin immobile.

 

Test positif

Le test est considéré comme positif lorsque l’examinateur perçoit :

  • un ressaut net, palpable sous les doigts placés sur le trochanter majeur,
  • parfois accompagné d’un bruit audible,
  • correspondant à la rentrée de la tête fémorale dans le cotyle.

 

Ce ressaut est appelé ressaut de réduction.

 

Lors du relâchement de la traction et de l’abduction, un second ressaut peut parfois être perçu, correspondant à la sortie de la tête fémorale, témoignant d’une instabilité persistante.

 

Intérêt clinique

Le test d’Ortolani permet :

  • d’identifier une hanche luxée mais réductible,
  • de dépister précocement une dysplasie développementale de la hanche,
  • d’orienter rapidement vers une prise en charge orthopédique.

 

Il est particulièrement fiable durant les premières semaines de vie, avant l’apparition de rétractions musculaires limitant la mobilité articulaire.

 

Limites du test

  • Sa sensibilité diminue après l’âge de 2 à 3 mois.
  • Un test négatif n’exclut pas une dysplasie acétabulaire isolée.
  • Il doit toujours être associé :
    • au test de Barlow,
    • à l’examen clinique global,
    • et au dépistage échographique selon les recommandations.

 

Place dans le dépistage de la dysplasie de hanche

Le test d’Ortolani fait partie intégrante :

  • de l’examen systématique du nouveau-né,
  • du suivi lors des premières consultations pédiatriques.

 

Tout test positif constitue une urgence diagnostique relative nécessitant :

  • une échographie de hanche,
  • une orientation spécialisée rapide,
  • une prise en charge précoce afin d’éviter les complications à long terme.

 

Conclusion

Le test d’Ortolani est une manœuvre clinique essentielle pour le dépistage précoce de la luxation congénitale de la hanche. La perception d’un ressaut de réduction traduit une instabilité articulaire significative nécessitant une exploration complémentaire. Réalisé précocement, ce test permet une prise en charge rapide et conditionne le pronostic fonctionnel de la hanche.

 

Références scientifiques

  1. Ortolani M. Congenital hip dysplasia in the light of early and very early diagnosis. Clinical Orthopaedics and Related Research. 1976;119:6–10.
  2. Barlow TG. Early diagnosis and treatment of congenital dislocation of the hip. Journal of Bone and Joint Surgery Br. 1962;44-B:292–301.
  3. American Academy of Pediatrics. Clinical practice guideline: Early detection of developmental dysplasia of the hip. Pediatrics. 2000;105(4):896–905.
  4. Dezateux C, Rosendahl K. Developmental dysplasia of the hip. Lancet. 2007;369(9572):1541–1552.
  5. Shipman SA et al. Screening for developmental dysplasia of the hip. Pediatrics. 2006;117(3):e557–e576.