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Description générale et rééducation du ligament croisé postérieur chez les athlètes

// RÉÉDUCATION

Aujourd’hui nous allons nous intéresser au ligament croisé postérieur qui reste souvent dans l’ombre de la rupture du ligament croisé antérieur qui est beaucoup plus commune.

Mise en ligne le 25 Jan 2020
Mise Ă  jour le 15 Jan 2025
LCP Ligament
Nathan

Nathan

Aujourd’hui nous allons nous intéresser au ligament croisé postérieur qui reste souvent dans l’ombre de la rupture du ligament croisé antérieur qui est beaucoup plus commune. Cependant la rupture du LCP nécessite une prise en charge très précise et minutieuse. Nous allons donc commencer par voir une description générale du LCP puis quelques informations importantes de sa rééducation.

Description anatomique et générale :

Le ligament croisé postérieur est l’un des 4 ligaments majeurs du genou qui a pour fonction de stabiliser le tibia par rapport au fémur. Il a pour origine l’aspect antérolatéral du condyle fémoral médial et s’insère au niveau de l’aspect postérieur du plateau tibial. Sa fonction principale : prévenir le tiroir postérieur du tibia. Il possède également d’autres fonctions mineures telles que la résistance aux mouvements de type varus, valgus ainsi qu’aux forces de rotation externes. Il est 1,3 à 2 fois plus épais et environ 2 fois plus solide que le ligament croisé antérieur, et donc, moins sujet aux lésions.

Plus de détails : Il peut être divisé en deux faisceaux, le faisceau antéropostérieur et le faisceau postéromédial. Ils sont responsables respectivement de 65% et 35% de la structure du LCP.

Le faisceau antérolatéral est tendu en flexion de genou et laxe en extension de genou. À l’inverse, le faisceau posteromédial quant à lui est tendu en extension de genou et laxe en flexion de genou.

Puisque la plupart des blessures arrivent lorsque le genou est fléchi, la partie antérolatérale est la plus communément lésée.

Le LCP est vascularisé par l’artère géniculaire moyenne et innervé par le nerf tibial.

 

Mécanisme de blessure :

Les blessures au LCP sont causées par une force antérieure très puissante appliquée à la partie proximale du tibia lorsque le genou est fléchi. Pour les athlètes, le mécanisme de blessure le plus commun est une chute sur un genou fléchi avec un pied en flexion plantaire (24%) ainsi qu’un tacle puissant au niveau du tibia chez les footballeurs. À titre informatif, le ratio homme:femme est de 2:1. 

 

Examen clinique:

Les athlètes blessés au LCP vont souvent se plaindre de douleur aigüe dans l’arrière du genou, de gonflement et d’instabilité. Le « pop » n’est pas forcément ressenti lors de la blessure.

Un examen clinique entier du genou doit être effectué, mais également une évaluation de la marche. L’intégrité neurovasculaire de la jambe en dessous du site de lésion se doit d’être appréciée également.

Voici quelques lignes directrices du diagnostic :

 

  • Inspection: Une effusion articulaire faible Ă  moyenne est souvent observĂ©e. Le gonflement est gĂ©nĂ©ralement moins impressionnant que lors d’une rupture du LCA. La marche peut ĂŞtre totalement antalgique cependant les patients peuvent prĂ©senter des difficultĂ©s Ă  monter ou descendre les escaliers. Une marche en pente peut aussi rĂ©veiller les douleurs. Le « sag test » est le test Ă  rĂ©aliser pour le LCP. Il se rĂ©alise avec le patient en dĂ©cubitus dorsal, hanche flĂ©chie Ă  45° et genou flĂ©chi Ă  90°. Le test va s’avĂ©rer positif lorsque le tibia va glisser derrière le fĂ©mur avec cette sensation de laxitĂ© exagĂ©rer en comparaison avec le genou opposĂ©.

https://fpnotebook.com/ortho/exam/PclSgTst.htm

  • Palpation : Effusion.

 

  • Testing musculaire: Les tests musculaires s’avèrent gĂ©nĂ©ralement normaux cependant l’extension et la flexion de genou peuvent ĂŞtre rĂ©duite en rĂ©ponse Ă  un rĂ©flexe de protection du genou.

 

  • Amplitude de mouvement : Elle est en gĂ©nĂ©ral limitĂ©e Ă  10-20° de flexion de genou. Il se peut que l’amplitude soit encore plus limitĂ©e suite Ă  des blessures concomitantes telles que le mĂ©nisque, ou un ligament.

 

  • Test spĂ©cifique: Le “posterior drawer test » est le plus prĂ©cis pour Ă©valuer l’intĂ©gritĂ© du LCP. Il est rĂ©alisĂ© avec le patient en dĂ©cubitus dorsal, hanche flĂ©chie Ă  45° et le genou flĂ©chi Ă  45°, une force postĂ©rieure est alors appliquĂ©e sur la partie proximale du genou avec une main, l’autre stabilisant le fĂ©mur. Il est important de tester toutes les autres structures, telles que les mĂ©nisques et les autres ligaments du genou. Le « Dial test » (photo ci-dessous) peut ĂŞtre utilisĂ© pour distinguer les blessures isolĂ©es au LCP des blessures associĂ©es Ă  la capsule posterolaterale, le poplitĂ©, le ligament collatĂ©ral mĂ©dial et les blessures du ligament oblique postĂ©rieur.

https://www.youtube.com/watch?v=rnk62Y-nDSQ

 

  • Blessure isolĂ©e au PCL: le genou lĂ©sĂ© prĂ©sente plus de 10° de rotation externe Ă  30° de flexion du genou, mais pas Ă  90°.

  • InstabilitĂ© du PCL: le genou lĂ©sĂ© prĂ©sente plus de 10° de rotation externe Ă  90° de flexion de genou, mais pas Ă  30°.

  • Blessure complexe (LCP et angle postĂ©rolatĂ©ral du genou): Le genou lĂ©sĂ© prĂ©sente plus de 10° de rotation externe Ă  30° et 90° de flexion de genou.

 

Rééducation :

Nous allons voir dans les grandes lignes quelques éléments importants à prendre. Premières semaines : contrôle de l’œdème, la douleur, mobilisation en décubitus ventral afin d’éviter le tiroir postérieur du tibia.

Une guérison en extension du genou est à éviter lors d’une rééducation du LCP car elle entraine souvent instabilité chronique du genou (Wang et al.).

Voici un schéma rappelant les forces sur le LCP par rapports aux angles de flexion du genou : 

Il est également important de considérer les fonctions musculaires par rapport aux forces : les ischiojambiers (IJ) sont responsables du tiroir postérieur et le quadriceps du tiroir antérieur.

Les IJ sont également responsables de l’extension de hanche : voici quelques précieuses informations sur leur activité musculaire durant une contraction d’extension de hanche et durant un squat.

  • Kwon, Y. J., et Lee, H. O. ont mesurĂ© avec un Ă©lectromyogramme de surface en dĂ©cubitus ventral  l’activitĂ© du biceps femoris et du semi-tendineux lors d’une contraction maximale d’extension de hanche qui s’est avĂ©rĂ©e maximale Ă  0° de flexion de genou et rĂ©duite Ă  60° et +  de flexion de genou.

  • L’activitĂ© musculaires des IJ lors d’un squat est maximale entre 10° et 70° de flexion de genou. (Aaron Swanson)

 

Il faudra donc veiller à renforcer le quadriceps pour contrer le tiroir postérieur des IJ : commencer par la contraction isométrique puis isotonique du quadriceps qui ont prouvé leur action analgésique :

La contraction isométrique viendrait entrainer une inhibition cortico-musculaire : en effet à travers des chemins descendants et ascendants appelés « descending/ascending pathways » la contraction musculaire interagirait avec le cortex sensorimoteur afin d’augmenter les seuils de douleurs de la zone ciblée.

Ce concept est également connu sous le nom de cohérence corticomusculaire : lorsque nous réalisons de simples contractions, notre cortex sensoriel moteur génère des oscillations associées à l’activité musculaire.

L’exercice isométrique vient donc développer un certain type d’oscillations au niveau du cortex propre à son type de contraction. Ce serait donc cette modulation qui entrainerait ce côté analgésique de l’isométrie.

Beaucoup d’études ont étudié l’effet analgésique de la contraction isométrique également sur les tendinites patellaires chez les athlètes. Elles peuvent s’avérer être un outil de choix permettant de réduire la douleur afin de charger un peu plus le tendon lors de la rééducation.

 

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Tout le contenu de cet article est présenté à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis ou la visite d’un professionnel de santé.

Cet article n'inclut pas de partenariat commercial avec les produits cités. Ils ne sont présentés qu'à titre d'exemple en rapport avec l'article.

 

Sources:

Raj MA, Varacallo M. Posterior Cruciate Ligament (PCL) Knee Injuries. [Updated 2019 May 6]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2019 Jan-. Article sous licence Creative Commons 4.O.

Wang, D., Graziano, J., Williams, R. J., 3rd, & Jones, K. J. (2018). Nonoperative Treatment of PCL Injuries: Goals of Rehabilitation and the Natural History of Conservative Care. Current reviews in musculoskeletal medicine, 11(2), 290–297. doi:10.1007/s12178-018-9487-y

Matsuya, R., Ushiyama, J. & Ushiba, J. Inhibitory interneuron circuits at cortical and spinal levels are associated with individual differences in corticomuscular coherence during isometric voluntary contraction. Sci Rep 7, 44417 (2017) doi:10.1038/srep44417. Article sous licence Creative Commons 4.0

Kwon, Y. J., & Lee, H. O. (2013). How different knee flexion angles influence the hip extensor in the prone position. Journal of physical therapy science, 25(10), 1295–1297. doi:10.1589/jpts.25.1295

Lien Web: https://fitnesspainfree.com/a-deep-investigation-into-the-safety-and-performance-of-the-deep-squat-part-6-knee-health/

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