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Le bilan constitue une étape centrale de la prise en charge en kinésithérapie. Il ne s’agit pas simplement de réaliser une succession de tests : l’objectif est de recueillir les informations pertinentes, d’identifier les principales déficiences du patient, de comprendre leurs conséquences fonctionnelles et d’orienter la prise en charge.
Cette démarche demande simultanément d’écouter le patient, de l’interroger, de réaliser l’examen clinique, d’interpréter les informations recueillies… mais également de les documenter.
C’est précisément sur ce dernier point que des outils numériques comme Markus Santé  peuvent modifier la manière d’organiser le bilan. Grâce à la transcription automatique des échanges pendant la consultation, les informations recueillies sont directement retranscrites et structurées, permettant au kinésithérapeute depassermoins de temps à noter et davantage de temps à questionner, observer et examinersonpatient. Une attention particulière est également portée à la confidentialité :les données sont hébergées en France et ne sont pas utilisées par Markus pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle.
Prenons un exemple particulièrement fréquent en cabinet : le bilan clinique de la cheville après une entorse latérale.
Pourquoi le bilan initial de cheville est-il si important ?
L’entorse latérale de cheville est l’une des blessures musculosquelettiques les plus fréquentes, particulièrement dans les populations sportives. Mais son caractère fréquent ne doit pas conduire à la banaliser.
La littérature rapporte des chiffres importants :
- jusqu’à 40 % des patients peuvent présenter une instabilité chronique de cheville un an après une première entorse latérale ;
- selon les populations et les définitions utilisées, certaines études rapportent des proportions pouvant atteindre 50 à 70 % ;
- des symptômes compatibles avec une instabilité chronique peuvent apparaître dès6 à 12 mois après l’entorse initiale.
Ces données rappellent qu’un patient dont la douleur a diminué n’a pas nécessairement récupéré l’ensemble de ses capacités.
Le bilan doit donc chercher à identifier non seulement la lésion initiale, mais également les facteurs susceptibles d’entretenir une limitation fonctionnelle ou de favoriser les récidives.

L’anamnèse : une étape à ne pas négliger
Gribble insiste sur l’importance de l’histoire clinique dans l’évaluation de l’instabilité de cheville. Celle-ci doit permettre de comprendre précisément l’épisode actuel mais également le passé de la cheville.
L’interrogatoire pourra notamment rechercher :
- le mécanisme et la date de la blessure ;
- les antécédents d’entorse ;
- le nombre de récidives ;
- la localisation et l’évolution de la douleur ;
- la présence d’œdème ;
- les sensations d’instabilité ;
- les épisodes de givingway ;
- les limitations dans les activités quotidiennes ou sportives ;
- le niveau sportif antérieur ;
- les objectifs du patient.
C’est également probablement le moment du bilan où la qualité de l’échange avec le patient est la plus importante.
Passer son temps à alterner entre le patient et la prise de notes peut faire perdre le fil de l’interrogatoire. L’utilisation d’une trame structurée associée à Markus Santé permet ici de conserver une logique d’évaluation tout en limitant la nécessité de retranscrire manuellement chaque information au fur et à mesure.
De l’observation aux tests ligamentaires : structurer son examen
Une fois l’anamnèse réalisée, l’examen clinique doit permettre de préciser les structures potentiellement impliquées et d’objectiver les déficiences.

Observation, douleur et œdème
L’évaluation peut débuter par l’observation, la localisation de l’œdème ou d’un éventuel hématome et la palpation des structures anatomiques.
Dans un contexte traumatique aigu, il convient également d’identifier les situations nécessitant une orientation médicale ou une imagerie, notamment à l’aide des règles d’Ottawa lorsqu’elles sont indiquées.

Zahra et al. 2024
Mobilité de cheville
L’amplitude articulaire doit ensuite être évaluée, avec une attention particulière portée à la dorsiflexion.
Le Weight-Bearing Lunge Test constitue par exemple une solution clinique intéressante pour quantifier la dorsiflexion en charge et disposer d’une mesure facilement reproductible lors des réévaluations.
L’objectif est de ne pas simplement écrire « dorsiflexion limitée », mais d’obtenir autant que possible une valeur quantifiable permettant de suivre l’évolution du patient.
C’est tout l’intérêt d’une trame standardisée : conserver les mêmes indicateurs entre le bilan initial et les évaluations suivantes.
Anterior Drawer ou Anterolateral Drawer : tous les tests ne recherchent pas exactement la même chose
L’évaluation de l’intégrité du ligament talo-fibulaire antérieur (LTFA) occupe naturellement une place importante après une entorse latérale.
Le Anterior Drawer Test (ADT) est probablement le test clinique le plus connu. Il consiste à rechercher une translation antérieure excessive du talus par rapport au tibia.
Mais Gribble souligne une limite importante : le mouvement produit lors du tiroir antérieur classique n’est pas exclusivement lié au LTFA. La position du talus et les structures environnantes peuvent influencer l’appréciation du déplacement.
Une alternative intéressante est donc l’Anterolateral Drawer Test (ALDT).
Dans cette variante, le clinicien cherche davantage à apprécier la translation/rotation antérolatérale du talus, ce qui permet de cibler plus spécifiquement le comportement mécanique associé au complexe ligamentaire latéral, notamment au LTFA.
Les données disponibles suggèrent surtout une différence de spécificité entre les tests.
Une revue systématique avec méta-analyse rapporte, selon les études :
Anterior Drawer Test
- sensibilité : 12 à 80 % ;
- spécificité : 67 à 100 %.
Anterolateral Drawer Test
- sensibilité rapportée : 47 % ;
- spécificité : 99 %.
Reverse Anterolateral Drawer Test
- sensibilité : 83 à 89 % ;
- spécificité : 70 à 90 %.
Bien entendu,un test isolé ne suffit pas à poser un diagnostic.Une revue systématique plus récente portant sur 16 études et 15 tests cliniques conclut d’ailleurs qu’aucun test ne présente à lui seul des propriétés de fiabilité et de validité suffisamment robustes pour être utilisé indépendamment de l’histoire clinique et du reste de l’examen.
Le choix du test, son résultat et le contexte dans lequel il est réalisé doivent donc être documentés.
C’est également là que Markus peut avoir un intérêt pratique : plutôt que de simplement inscrire « tiroir antérieur + », le thérapeute peut conserver une trame précise avec le test réalisé, le côté, les symptômes reproduits, la perception de laxité et les éléments qualitatifs observés, sans alourdir inutilement la prise de notes pendant l’examen.
Le timing du bilan peut modifier les résultats
Autre point particulièrement intéressant : le moment auquel le test est réalisé compte.
Dans les premières heures suivant une entorse, la douleur, l’œdème et la contraction musculaire protectrice peuvent compliquer l’interprétation de certains tests ligamentaires.
Les données disponibles suggèrent que la validité de l’examen physique peut être meilleure lorsque certains tests sont répétés environ 5 jours après la blessure, plutôt que de se limiter à l’examen réalisé dans les premières 48 heures. Cela n’empêche pas de réaliser les premiers soins en rééducation (gestion de la douleur, gonflement, mobilité infra-doulouresue sans contraintes…)
Cette notion change la manière de concevoir le bilan : l’évaluation n’est pas un événement unique mais un processus évolutif.
Le bilan initial permet de poser les premières hypothèses. Les consultations suivantes permettent de confirmer, compléter ou parfois modifier ces hypothèses.
D’où l’intérêt de disposer d’une trame identique dans le temps : le kinésithérapeute peut retrouver rapidement les résultats précédents et documenter leur évolution.
Instabilité mécanique et instabilité fonctionnelle : ne pas s’arrêter aux ligaments
Une autre idée importante développée par Gribble est que l’instabilité de cheville ne peut pas être réduite à une simple laxité ligamentaire.
Deux patients présentant une laxité relativement similaire peuvent avoir des expériences fonctionnelles très différentes.
L’évaluation doit donc rechercher à la fois les composantes mécaniques et les conséquences fonctionnelles et sensorimotrices de la blessure.
Il est donc pertinent d’intégrer au bilan :
La force
L’évaluation peut concerner les éverseurs, inverseurs et fléchisseurs plantaires, mais également d’autres groupes musculaires selon les déficiences et les exigences fonctionnelles du patient.
Le contrôle postural dynamique
Le Star Excursion Balance Test (SEBT) ou ses variantes permettent d’explorer le contrôle postural dynamique.
Une revue systématique portant sur 3 313 participants retrouve notamment des données favorables au SEBT chez les patients présentant des antécédents d’entorse latérale.
Les capacités fonctionnelles
Chez un patient sportif, différents hop tests peuvent compléter l’examen.
Le Multiple Hop Test, le Side Hop Test ou encore le Figure-of-8 Hop Test peuvent apporter des informations qui ne sont pas nécessairement retrouvées lors d’un examen analytique. Les données disponibles soutiennent notamment l’utilisation du Multiple Hop Test chez les patients ayant des antécédents d’entorse.
Les symptômes rapportés par le patient
Enfin, le ressenti du patient doit faire partie intégrante du bilan.
Le Cumberland Ankle Instability Tool (CAIT) est particulièrement intéressant pour documenter l’instabilité perçue et dispose de propriétés de mesure favorables chez les patients présentant des antécédents d’entorse latérale.
On obtient alors une évaluation beaucoup plus complète :
structure → mobilité → force → contrôle postural → fonction → perception du patient.
Une trame pour ne rien oublier sans transformer le bilan en checklist
Un bilan complet peut rapidement représenter plusieurs dizaines d’informations.
L’intérêt d’une trame est donc de disposer d’un véritable fil conducteur :
Anamnèse → douleur/œdème → mobilité → palpation → stabilité ligamentaire → force → équilibre → tests fonctionnels → questionnaires → objectifs.
Mais cette trame ne doit pas devenir une checklist appliquée mécaniquement.
Chaque test doit répondre à une hypothèse clinique.
L’un des principaux intérêts de Markus Santé est de s’adapter à la pratique de chaque kinésithérapeute. Le professionnel peut utiliser les modèles de bilans proposés par la plateforme, mais également intégrer ses propres trames, afin de conserver ses habitudes, son raisonnement clinique et son organisation. L’objectif n’est donc pas de standardiser ou de dénaturer la pratique du thérapeute, mais de lui fournir un outil capable de s’intégrer à sa manière de travailler.
À l’issue du bilan, Markus Santé permet de générer automatiquement un compte rendu structuré au format PDF, facilitant ainsi sa conservation, son partage et le suivi de l’évolution du patient.
Télécharger notre trame complète de bilan clinique de la cheville
Cette fiche reprend les principaux éléments de l’anamnèse et de l’examen clinique afin de disposer d’une structure utilisable au cabinet et lors des réévaluations.
Le bilan initial doit déjà préparer la réévaluation
L’intérêt d’un bilan standardisé ne se limite pas à la première consultation.
Les valeurs recueillies constituent une baseline permettant ensuite de suivre :
- l’évolution de la douleur ;
- la diminution de l’œdème ;
- la récupération de la dorsiflexion ;
- l’évolution de la force ;
- le contrôle postural ;
- les performances fonctionnelles ;
- l’instabilité ressentie par le patient.
Cette logique est particulièrement importante après une entorse de cheville puisque la disparition des symptômes ne signifie pas nécessairement que toutes les capacités ont été restaurées.
Une méta-analyse regroupant 14 essais randomisés et 2 182 participants retrouvait d’ailleurs une diminution des récidives à 12 mois en faveur d’une rééducation basée sur l’exercice par rapport aux soins habituels (OR = 0,60 ; IC95 % : 0,36–0,99).
L’évaluation initiale ne sert donc pas uniquement à établir un constat : elle doit permettre de déterminer ce que l’on traite et ce que l’on devra réévaluer.
Moins retranscrire pour mieux évaluer
Finalement, digitaliser le bilan n’a d’intérêt que si cela permet réellement d’améliorer la pratique clinique.
L’objectif de Markus Santé n’est pas d’automatiser le raisonnement du kinésithérapeute. Le choix des questions, des tests, leur interprétation et les décisions thérapeutiques restent du ressort du professionnel.
Son intérêt se situe ailleurs : faciliter la retranscription et la structuration des informations recueillies au cours du bilan.
Dans une évaluation de cheville où il faut simultanément recueillir l’histoire du patient, observer, palper, mesurer des amplitudes, réaliser plusieurs tests ligamentaires, quantifier la force et évaluer les capacités fonctionnelles, réduire la charge liée à la prise de notes permet de conserver davantage d’attention pour le patient.
L’approche peut finalement se résumer simplement :
une trame pour structurer → un kinésithérapeute pour questionner, tester et interpréter → Markus pour faciliter la retranscription.
L’objectif n’est donc pas de faire moins de bilan, mais de disposer de meilleurs outils pour mieux structurer l’évaluation sans perdre le fil de la consultation.
Et cette logique ne s’arrête pas au bilan initial. Les informations recueillies peuvent ensuite servir au suivi du patient et aux réévaluations, tout en limitant le temps consacré à la rédaction et aux tâches administratives.
Plus largement, Markus Santé ne se limite pas aux trames de bilan : l’assistant accompagne le kinésithérapeute au quotidien, de l’organisation de son agenda au suivi de ses patients et à la gestion de ses documents.
L’objectif reste le même : simplifier les tâches qui entourent la pratique pour laisser davantage de temps au soin.
Enfin, une attention particulière est portée à la confidentialité : les données sont sécurisées et hébergées en France, un élément essentiel lorsqu’il s’agit de manipuler des informations relatives aux patients.
Markus Santé permet ainsi de réduire le temps consacré à la rédaction et aux tâches administratives, tout en laissant au kinésithérapeute la maîtrise de son bilan et de sa pratique clinique.
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Tout le contenu de cet article est présenté à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis ou la visite d’un professionnel de santé.
Références scientifiques
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