Le réflexe de préhension fait partie des réflexes archaïques du nouveau-né. Il se manifeste au niveau des mains (préhension palmaire) et des pieds (préhension plantaire). Ce réflexe témoigne du bon fonctionnement du système nerveux central immature et constitue un repère important lors de l’examen neurologique néonatal.
Description du réflexe
Réflexe de préhension palmaire
Lorsqu’une pression est exercée sur la paume de la main, le nourrisson répond par :
- une flexion automatique des doigts,
- une fermeture ferme de la main autour de l’objet ou du doigt examinateur.
Ce réflexe peut être suffisamment puissant pour permettre au nourrisson de suspendre brièvement son poids lors des premières semaines de vie.
Réflexe de préhension plantaire
Lorsqu’une stimulation est appliquée à la face plantaire, au niveau de la base des orteils :
- les orteils se fléchissent et s’agrippent vers la plante du pied.
Ce réflexe est distinct du signe de Babinski, qui provoque au contraire une extension du gros orteil.
Origine neurophysiologique
Les réflexes de préhension sont contrôlés par :
- les structures sous-corticales,
- le tronc cérébral,
- les circuits spinaux primitifs.
Ils apparaissent avant la maturation du contrôle cortical volontaire.
Progressivement, le développement des voies pyramidales permet leur inhibition physiologique.
Rôle dans le développement
Ces réflexes jouent plusieurs rôles essentiels :
- participation à la motricité primitive,
- stimulation sensorielle et proprioceptive,
- préparation à la coordination main–œil,
- base du développement de la motricité volontaire fine.
Sur le plan évolutif, ce réflexe est considéré comme un héritage phylogénétique lié à l’agrippement.
Âge d’apparition et de disparition
Préhension palmaire
- Présente dès la naissance
- Très marquée durant les premières semaines
- Disparition progressive entre 3 et 4 mois
Préhension plantaire
- Présente dès la naissance
- Persiste plus longtemps
- Disparition entre 9 et 12 mois, parfois jusqu’à l’acquisition de la marche
Intérêt clinique
L’évaluation de la préhension palmaire et plantaire permet d’apprécier :
- l’intégrité du système nerveux central,
- la symétrie neurologique,
- la maturation motrice.
Une anomalie peut évoquer :
- une atteinte périphérique ou centrale,
- une lésion du plexus brachial (si asymétrie),
- une souffrance neurologique néonatale.
Une persistance anormale peut entraîner :
- difficultés de relâchement de la main,
- troubles de la motricité fine,
- perturbation de la posture ou de la marche (préhension plantaire persistante).
Évolution vers la motricité volontaire
Avec la maturation neurologique :
- la préhension réflexe laisse place à la préhension volontaire ;
- l’enfant développe l’ouverture de la main, le lâcher volontaire, puis la pince pouce–index.
Cette transition marque une étape clé du développement neuromoteur.
En résumé
Le réflexe de préhension palmaire et plantaire est :
- un réflexe archaïque normal,
- un indicateur précieux de la maturation neurologique,
- une base du développement moteur volontaire.
Son intégration progressive est indispensable à l’émergence de la coordination fine et à l’acquisition de la marche.
Sources scientifiques
- Zafeiriou DI. Primitive reflexes and postural reactions in the neurodevelopmental examination.
Pediatric Neurology. 2004. - Futagi Y, Suzuki Y, Toribe Y. Neurologic examination of the newborn infant.
Brain & Development. 2012. - Capute AJ, Accardo PJ. Primitive reflex profile: a marker for central nervous system maturation.
Pediatrics. 1996. - Bly L. Motor skills acquisition in the first year.
Developmental Medicine & Child Neurology.