Le réflexe de Moro est un réflexe archaïque du nouveau-né, systématiquement recherché lors des premières consultations pédiatriques. Il a été décrit pour la première fois en 1910 par le pédiatre autrichien Ernst Moro.
Ce réflexe correspond à une réponse automatique de surprise et de défense, déclenchée par une stimulation brutale de l’environnement.
Description du réflexe
Lors de l’examen clinique, le nourrisson est placé en décubitus dorsal. Le praticien soutient la nuque du bébé puis provoque une légère extension rapide de la tête, sans jamais compromettre sa sécurité.
La réponse motrice se déroule en deux phases :
- Phase d’ouverture :
- abduction des bras
- extension des membres supérieurs
- ouverture des mains
- Phase de fermeture :
- retour des bras vers la ligne médiane
- flexion des membres
- parfois accompagné d’un cri ou de pleurs
Ce réflexe peut également apparaître lors :
- d’un bruit soudain,
- d’un changement de position rapide,
- ou même d’un mouvement involontaire pendant le sommeil.
Il s’agit d’une réponse primitive du système nerveux central, traduisant une réaction à une peur soudaine ou à une perte de repère postural.
Rôle neurodéveloppemental
Le réflexe de Moro est contrôlé par les structures sous-corticales du tronc cérébral. Il participe :
- à la survie précoce du nourrisson,
- à l’organisation des réponses posturales primitives,
- au développement ultérieur du réflexe de sursaut de défense.
Avec la maturation neurologique, les centres corticaux inhibent progressivement ces automatismes primitifs.
Âge de disparition
Comme l’ensemble des réflexes archaïques, le réflexe de Moro est transitoire.
- Présent dès la naissance
- Diminution progressive au cours des premiers mois
- Disparition habituelle entre 4 et 6 mois
Une persistance au-delà de cet âge peut être associée à un retard de maturation neurologique ou à certaines atteintes du système nerveux central, justifiant alors une évaluation médicale.
Comment apaiser un bébé très sensible au réflexe de Moro ?
Chez certains nourrissons, ce réflexe peut être particulièrement intense et perturber le sommeil.
- L’emmaillotage
Il peut temporairement réduire les réveils liés aux sursauts en maintenant les membres regroupés.
Cependant, les recommandations pédiatriques actuelles soulignent :
- un risque accru de dysplasie des hanches,
- une possible augmentation du risque de mort inattendue du nourrisson (MIN) en cas de mauvaise pratique.
L’emmaillotage doit donc rester ponctuel, sécurisé et non systématique.
- Le portage physiologique
Le portage constitue une alternative particulièrement intéressante :
- position en flexion physiologique,
- regroupement des membres,
- stimulation proprioceptive rassurante,
- diminution du stress et du réflexe de sursaut.
Le contact corporel favorise l’apaisement et améliore la qualité du sommeil du nourrisson.
En résumé
Le réflexe de Moro est :
- un marqueur normal du développement neurologique,
- un réflexe de survie et de défense,
- destiné à disparaître naturellement avec la maturation du système nerveux.
Lorsqu’il se manifeste, le nourrisson a avant tout besoin de sécurité, de contact et de réassurance, besoins qui resteront fondamentaux tout au long du développement émotionnel de l’enfant.
Tout le contenu de cet article est présenté à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis ou la visite d’un professionnel de santé.
Sources scientifiques
- Moro E. Das erste Trimenon. Münch Med Wochenschr. 1910.
- Futagi Y, Suzuki Y, Toribe Y. Neurologic examination of the newborn infant.
Brain Dev. 2012. - Zafeiriou DI. Primitive reflexes and postural reactions in the neurodevelopmental examination.
Pediatr Neurol. 2004.
PubMed (NCBI): https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15505134/ - Capute AJ, Accardo PJ. Primitive reflex profile: a marker for CNS maturation.
Pediatrics. 1996.
PubMed (NCBI): https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8604271/