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Le test de traction assise (Head Lag) chez le nourrisson

// TESTS CLINIQUES

Le test de traction assise, ou pull-to-sit test, fait partie intégrante de l’examen neuromoteur du nourrisson. Il permet d’évaluer le contrôle céphalique, la tonicité axiale et la maturation du système neuromusculaire au cours des premiers mois de vie. Le

Mise en ligne le 20 Mar 2026
Mise Ă  jour le 23 Mar 2026
Antoine

Antoine

Introduction

Le test de traction assise, ou pull-to-sit test, fait partie intégrante de l’examen neuromoteur du nourrisson. Il permet d’évaluer le contrôle céphalique, la tonicité axiale et la maturation du système neuromusculaire au cours des premiers mois de vie. Le head lag correspond à un retard ou une incapacité du nourrisson à maintenir la tête alignée avec le tronc lors du passage de la position couchée à la position assise.

 

Développement du contrôle céphalique

À la naissance, le nourrisson présente une tête proportionnellement volumineuse et une faiblesse physiologique des muscles cervicaux. Le développement moteur suit une progression céphalo-caudale, avec une acquisition rapide du contrôle de la tête au cours des premiers mois.

 

Plusieurs études indiquent que le head lag doit normalement disparaître entre 3 et 4 mois, âge auquel les nourrissons sont capables d’activer efficacement les fléchisseurs cervicaux et les muscles du tronc. Une persistance au-delà de cet âge est considérée comme anormale et associée à un risque accru de troubles du développement neurologique.

 

 

 

Réalisation du test

Le nourrisson est placé en décubitus dorsal. L’examinateur saisit ses avant-bras et effectue une traction progressive vers la position assise.

 

La réponse attendue est l’activation du réflexe de redressement de la tête, permettant son maintien dans l’axe des épaules. Le head lag est observé lorsque la tête tombe passivement en arrière ou accuse un retard significatif par rapport au tronc.

 

Classification clinique

Le head lag peut être classé en trois niveaux :

  • Léger : tentative active de maintien de la tête.
  • Modéré : absence de redressement lors de la traction, mais maintien possible en position assise.
  • Sévère : incapacité à redresser ou maintenir la tête, même en position assise.

 

Étiologie et facteurs de risque

Le head lag peut être :

  • Physiologique, lié à l’immaturité neuromusculaire normale du nourrisson.
  • Pathologique, secondaire à une atteinte centrale, périphérique ou sensorielle.

 

Les principaux facteurs associés sont la prématurité, le faible poids de naissance, les lésions cérébrales néonatales, les complications périnatales et la ventilation mécanique prolongée. Les nourrissons prématurés présentent une fréquence plus élevée et une persistance prolongée du head lag, y compris à l’âge corrigé du terme.

 

Intérêt clinique et neurodéveloppemental

La persistance du head lag après 4 mois est associée à l’hypotonie axiale et à un risque accru de retard du développement moteur. Des études ont également montré une prévalence plus élevée du head lag chez les nourrissons à risque de trouble du spectre de l’autisme, notamment chez les fratries d’enfants déjà diagnostiqués.

 

Toutefois, le head lag isolé ne constitue pas un marqueur diagnostique à lui seul et doit toujours être interprété dans le cadre d’une évaluation neuromotrice globale.

 

Prise en charge

Le head lag physiologique ne nécessite aucun traitement spécifique et évolue spontanément vers la normalisation avant 4 mois. En revanche, un head lag sévère ou persistant justifie une évaluation médicale approfondie et une prise en charge interdisciplinaire.

 

Les interventions précoces en kinésithérapie et en ergothérapie, centrées sur la stimulation du contrôle postural, du tonus axial et des compétences sensorimotrices, ont démontré un impact positif sur le développement moteur des nourrissons à risque.

 

Conclusion

Le test de traction assise constitue un outil clinique simple et essentiel dans le suivi du développement neuromoteur du nourrisson. Si le head lag est physiologique durant les premières semaines de vie, sa persistance au-delà de 4 mois représente un signe d’alerte nécessitant une évaluation approfondie. Une interprétation globale et une intervention précoce permettent d’améliorer significativement le pronostic fonctionnel.

 

Références scientifiques

  1. Pineda RG et al. Head Lag in Infancy: What Is It Telling Us? American Journal of Occupational Therapy. 2016;70(1):7001220010p1-8.
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