Nom(s) alternatif(s) :
Test de Ruffier
Indice de Ruffier
Indice de Ruffier-Dickson
Objectifs du test :
Évaluer la capacité d’adaptation cardiovasculaire à l’effort ainsi que la qualité de la récupération cardiaque après un exercice standardisé.
Le test est utilisé pour :
- apprécier la condition physique générale,
- estimer l’aptitude à la pratique sportive,
- contribuer à la délivrance d’un certificat médical de non-contre-indication,
- suivre l’évolution de la forme physique au cours d’un entraînement.
Réalisation du test :
Le test se déroule en trois phases successives.
Après quelques minutes de repos en position couchée, la fréquence cardiaque de repos est mesurée :
- p0 : pouls au repos (battements par minute).
Le sujet se met ensuite debout et réalise :
- 30 flexions complètes de jambes en 45 secondes,
- bras tendus vers l’avant,
- rythme régulier.
Immédiatement à la fin de l’effort, la fréquence cardiaque est relevée :
- p1 : pouls immédiatement post-effort.
Le sujet se rallonge ensuite.
Exactement une minute après la fin de l’exercice, une troisième mesure est effectuée :
- p2 : pouls de récupération à 1 minute.
Interprétation du test :
Deux indices peuvent être calculés.
Indice de Ruffier :
Ir = (p0 + p1 + p2 − 200) / 10
Plus l’indice est faible, meilleure est l’adaptation cardiovasculaire à l’effort.
Interprétation usuelle :
- 0 : très bonne adaptation
- 0 à 5 : bonne adaptation
- 5 à 10 : adaptation moyenne
- 10 à 15 : adaptation insuffisante
- 15 : mauvaise adaptation à l’effort
Indice de Ruffier-Dickson :
Id = ((p1 − 70) + 2 × (p2 − p0)) / 10
Interprétation usuelle :
- 0 : excellent
- 0 à 2 : très bon
- 2 à 4 : bon
- 4 à 6 : moyen
- 6 à 8 : faible
- 8 à 10 : très faible
- 10 : mauvaise adaptation à l’effort
Une valeur faible de (p2 − p0) traduit une récupération cardiaque rapide, tandis qu’une valeur faible de p1 reflète une bonne tolérance immédiate à l’effort.
Valeur diagnostique :
Le test de Ruffier-Dickson constitue un outil simple, rapide et peu coûteux pour apprécier l’adaptation cardiovasculaire à un effort bref.
Il ne permet pas d’évaluer précisément la capacité aérobie maximale et ne se substitue pas à une épreuve d’effort cardiopulmonaire avec analyse des échanges gazeux.
Son intérêt principal réside dans :
- le dépistage initial de la condition physique,
- le suivi longitudinal de la récupération chez le sportif,
- l’évaluation comparative au sein d’un même individu.
Il est aujourd’hui considéré comme un test d’orientation, présentant des limites méthodologiques et physiologiques reconnues.
Référence
Guazzi, M., Adams, V., Conraads, V., et al. (2012). EACPR/AHA scientific statement: Clinical recommendations for cardiopulmonary exercise testing data assessment. European Heart Journal, 33(23), 2917–2927.