Dans cet article, nous allons tenter de voir comment amĂ©liorer lâaccĂ©lĂ©ration de lâathlĂšte via diffĂ©rents types dâentrainements. Suivant le type de sport, nous allons rechercher diffĂ©rentes amĂ©liorations de la vitesse. Nous pouvons soit amĂ©liorer la vitesse maximale soit amĂ©liorer lâaccĂ©lĂ©ration. Pour des sports tels que le sprint (100m) câest la vitesse maximale qui sera prioritaire alors que pour des sports comme le football, les joueurs ont rarement le temps dâatteindre leur vitesse maximale. Nous allons dans cet article nous focaliser sur lâaccĂ©lĂ©ration.
Partons dâune formule mathĂ©matique simple :
Puissance (W) = Force (Newton) x Vitesse (m/s)
Si lâon retourne lâĂ©quation, la vitesse est donc Ă©gale Ă la puissance divisĂ©e par la force. Plus la puissance est grande, plus la vitesse sera grande Ă©galement.
Câest donc un travail de puissance qui permettra Ă lâathlĂšte dâamĂ©liorer sa vitesse. Pour gagner en puissance dâaprĂšs la premiĂšre formule, il faudra donc rĂ©aliser des entrainements qui allient la vitesse et la force.
LâaccĂ©lĂ©rationÂ
Nous allons voir 2 types dâentrainements diffĂ©rents visant Ă amĂ©liorer lâaccĂ©lĂ©ration : lâentrainement en rĂ©sistance, plus fonctionnel, lorsque des forces opposĂ©es Ă la direction de lâathlĂšte lâobligent Ă produire un travail musculaire plus important et lâentrainement en force pure, qui repose sur une musculation spĂ©cifique des structures impliquĂ©es lors de lâaccĂ©lĂ©ration.
Entrainement en résistance :
Poursuivons avec un peu de mathématique trÚs simple.
Accélération = Force / Masse
Cela se traduit par simplement par : plus on augmente la force, plus on augmente lâaccĂ©lĂ©ration.
Il faudrait donc rĂ©aliser un travail de sprint en y augmentant la force Ă gĂ©nĂ©rer par lâathlĂšte. Pour cela il faut donc lui rajouter de la rĂ©sistance avec du poids ou une force Ă©lastique comme avec un traineau ou un gilet lestĂ© ce qui le poussera alors sur chaque appui Ă produire plus de force.
Et nous allons donc voir quelles sont les charges permettant la meilleure amélioration possible.
Le poids Ă utiliser pour le traĂźneau ne devrait pas dĂ©passer 10-12.6% du poids de lâathlĂšte sous peine de provoquer des changements cinĂ©matiques du sprint trop importants. Le problĂšme câest que beaucoup dâĂ©tudes se contredisent sur la charge optimale. En effet, dâautres Ă©tudes indiquent quâafin dâamĂ©liorer la phase initiale de lâaccĂ©lĂ©ration (le dĂ©part), des charges Ă environ 20% du poids devraient ĂȘtre utilisĂ©es alors que pour amĂ©liorer la vitesse dâaccĂ©lĂ©ration (entre 20 et 40mĂštres) des charges aux alentours de 5-12,5% du poids de lâathlĂšte seraient prĂ©fĂ©rĂ©es.
Nous voyons donc que la science reste partagĂ©e sur le sujet. Beaucoup sâaccordent tout de mĂȘme sur le fait que pour amĂ©liorer lâaccĂ©lĂ©ration au dĂ©part, des charges lourdes seraient plus efficaces alors que pour amĂ©liorer lâaccĂ©lĂ©ration aprĂšs 30 mĂštres des charges plus lĂ©gĂšres seront Ă prĂ©coniser.
Il a Ă©tĂ© Ă©galement recommandĂ© que ces Ă©quipements ne doivent pas entrainer une chute de plus de 10% sur la vitesse maximale de lâathlĂšte, car cela pourrait aboutir Ă des effets adverses en entrainant des dysfonctionnements dans la technique de course. Lorsque lâon veut travailler lâaccĂ©lĂ©ration, il est inutile de travailler sur de trop longues distances.
Finalement, est-ce mieux que lâentrainement de sprint « normal » (sans Ă©quipements) ?
Le travail de sprint « normal » et un sprint avec un traineau lestĂ© ont tous les deux apportĂ© des amĂ©liorations de la vitesse sur des distances de 10 et 30 mĂštres avec de meilleurs rĂ©sultats pour le groupe avec le traĂźneau indĂ©niablement.Â
Entrainement en force :
Une autre mĂ©thode dâentraĂźnement repose plus sur la musculation de lâathlĂšte. En effet, lorsque lâathlĂšte court, la direction de la force sur le sol va vers lâarriĂšre afin de permettre Ă lâathlĂšte de se propulser vers lâavant. Si lâon se base sur cette interaction, il semblerait intĂ©ressant de renforcer les muscles responsables de gĂ©nĂ©rer les forces lors du contact avec le sol.
Durant la phase de propulsion, les extenseurs de hanche (producteur principal de force horizontale, type de force trÚs importante dans le sprint) et les quadriceps sont directement responsables de la génération de forces explosives.
Les ischiojambiers jouent un rĂŽle essentiel afin de ralentir la jambe pour prĂ©parer lâimpact sur le sol en plus dâaider lâextension de hanche.
Le renforcement des flĂ©chisseurs de hanche (psoas) est Ă©galement important, car leur force et leur puissance permettent dâaccĂ©lĂ©rer plus rapidement en amenant la hanche depuis une position dâextension Ă une position de flexion.
Les muscles extenseurs du dos et de la gaine abdominale sont également corrélés avec une meilleure performance de sprint.
Dans une optique dâamĂ©liorer une performance sur un sprint, nous allons prĂ©fĂ©rer les exercices mimant la biomĂ©canique du sprint plutĂŽt que les machines visant Ă amĂ©liorer spĂ©cifiquement un muscle. Des exercices pluriarticulaires comme des squats, fentes ou bien step-ups en chaine cinĂ©tique fermĂ©e demanderont Ă lâathlĂšte dâeffectuer une stabilisation, un contrĂŽle et une rĂ©sistance aux mouvements indĂ©sirables. Voici des exemples dâexercices :
Fentes "skater" sur step:Â
Fentes spécifiques:
Les squats sautĂ©s ont Ă©galement fait leurs preuves dans lâamĂ©lioration de la vitesse sur 5 et 30 mĂštres. Câest un exercice facile d'implantation dans un programme et il ne requiert pas une exĂ©cution complexe.
Squats sautés:
La vitesse maximale sera atteinte quand le sprinter ou lâathlĂšte rĂ©alisera les plus grandes foulĂ©es Ă la frĂ©quence la plus rapide. LâaccĂ©lĂ©ration vise donc Ă augmenter la frĂ©quence des foulĂ©es et leur longueur le plus rapidement possible afin dâatteindre la vitesse maximale. Â
Dâautres thĂ©ories et dĂ©bats sur la vitesse existent Ă©galement : il sâagirait de la vitesse de contraction, donc de rĂ©trĂ©cissement du muscle, qui permettrait de courir trĂšs vite et non le mouvement en lui-mĂȘme. Pour cela, il est important de comprendre la notion dâinertie musculaire.
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Lâinertie musculaire et vitesse de contraction
L'inertie peut ĂȘtre dĂ©finie comme la tendance d'un corps Ă maintenir invariable son mouvement. Si les forces qui s'exercent sur un corps sont nulles, alors ce corps conservera son Ă©tat initial. Si un ballon est sur le sol, il ne changera pas son Ă©tat tant qu'aucune nouvelle force ne s'appliquera sur lui. Et pour dĂ©placer ce ballon, la force nĂ©cessaire dĂ©pendra de sa masse et de l'accĂ©lĂ©ration qu'il subira.
*La démonstration ci-dessous ne prend pas en compte les forces de frottement.
Sur le premier schéma ci-dessous nous voyons une bille qui dévale une pente et subit donc une accélération. Quelles sont les forces impliquées dans ce phénomÚne ?
PremiÚrement, la bille, tout comme un muscle, possÚde une masse. Cette force représentée en vert est verticale et dirigée vers le bas à cause de la gravité.
En bleu, il sâagit de la force de rĂ©action du support qui est perpendiculaire au support lui-mĂȘme.
Ces deux forces entrainent donc une force résultante en rouge, qui modifie le mouvement dans le sens et la direction de la flÚche
Mais que se passe-t-il lorsque la bille ne subit plus lâaccĂ©lĂ©ration de la pente ?
Comme nous pouvons le voir sur le schĂ©ma suivant, lorsque la surface est plate, les forces de rĂ©action du support et du poids de la bille sâopposent et rĂ©sultent donc en une force nulle ⊠et pourtant la bille est en mouvement ! La bille possĂšde donc une inertie qui lui permet de continuer son mouvement. Et si cette bille dĂ©sire sâarrĂȘter ou freiner son mouvement, elle doit donc gĂ©nĂ©rer une force opposĂ©e Ă son mouvement. Une bille nâest Ă©videmment pas capable de gĂ©nĂ©rer quelconque force seule, en revanche les muscles si âŠ
Si à présent nous faisons la parallÚle de ce concept au niveau musculaire :
Les muscles, comme notre bille jaune, possĂšdent une certaine masse. Lorsquâils se contractent pour rĂ©aliser un geste particulier, cela entraĂźne une dĂ©formation du tissu musculaire. La contraction raccourcit le tissu musculaire pour permettre le mouvement. Cette dĂ©formation entraine donc une inertie Ă laquelle le muscle se doit de faire face pour contrĂŽler le mouvement. Si lâon en suit les formules de Newton, lâinertie des tissus musculaires est proportionnelle au volume et Ă la masse musculaire.
Ross et Wakeling ont approfondi le sujet : comme la taille du muscle augmente, la capacité du muscle à surmonter sa charge inertielle diminuera, en réponse au fait que la tension musculaire est proportionnelle à la zone transversale du muscle et que la charge inertielle est proportionnelle à la masse. Ainsi, les muscles de plus grande taille auront un coût inertiel plus élevé à la contraction. Ces résultats montrent que les charges inertielles dans le muscle contribuent à un ralentissement des vitesses contractiles musculaires (taux de contrainte), en particulier aux activations sous-maximales qui sont typiques du sprint.
Et concrÚtement ?
ConcrĂštement plus le muscle est volumineux, plus grande sera la charge inertielle Ă contrer et moins rapide sera la contraction. Les mĂ©thodes dâentrainement devraient donc considĂ©rer de ce phĂ©nomĂšne, notamment pour le sprint et lâaccĂ©lĂ©ration, en rĂ©duisant le travail de volume musculaire pour Ă©viter dâaltĂ©rer la cinĂ©matique de la course et la vitesse de contraction musculaire.
Nouvelles technologies :
Nous allons voir dans cette rubrique un tapis de course un peu particulier, il sâagit du HiTrainer un tapis de course non motorisĂ©. SpĂ©cialisĂ© dans un objectif dâamĂ©lioration de lâaccĂ©lĂ©ration et de la puissance, il est fait de maniĂšre Ă ce que le maximum de muscles soit engagĂ©s. LâathlĂšte possĂšde Ă©galement une position particuliĂšre lors de la course : une inclinaison avant qui rĂ©duit l'impact des articulations, favorise la production de forces au sol (propulsion) et recrute la chaĂźne musculaire postĂ©rieure dans une position de sprint sĂ»re qui protĂšge les ischiojambiers lors d'un effort maximal.
Tout le contenu de cet article est prĂ©sentĂ© Ă titre informatif. Il ne remplace en aucun cas lâavis ou la visite dâun professionnel de santĂ©.
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Sources:
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