Logo NeuroXtrain

Comprendre l'accélération lors de la course chez les athlÚtes pour l'améliorer

// PERFORMANCE

Dans cet article, nous allons tenter de voir comment amĂ©liorer l’accĂ©lĂ©ration de l’athlĂšte via diffĂ©rents types d’entrainements.

Mise en ligne le 12 May 2019
Mise Ă  jour le 17 Jan 2025
Accélération
Nathan

Nathan

Dans cet article, nous allons tenter de voir comment amĂ©liorer l’accĂ©lĂ©ration de l’athlĂšte via diffĂ©rents types d’entrainements. Suivant le type de sport, nous allons rechercher diffĂ©rentes amĂ©liorations de la vitesse. Nous pouvons soit amĂ©liorer la vitesse maximale soit amĂ©liorer l’accĂ©lĂ©ration. Pour des sports tels que le sprint (100m) c’est la vitesse maximale qui sera prioritaire alors que pour des sports comme le football, les joueurs ont rarement le temps d’atteindre leur vitesse maximale. Nous allons dans cet article nous focaliser sur l’accĂ©lĂ©ration.

Partons d’une formule mathĂ©matique simple :

Puissance (W) = Force (Newton) x Vitesse (m/s)

Si l’on retourne l’équation, la vitesse est donc Ă©gale Ă  la puissance divisĂ©e par la force. Plus la puissance est grande, plus la vitesse sera grande Ă©galement.

C’est donc un travail de puissance qui permettra Ă  l’athlĂšte d’amĂ©liorer sa vitesse. Pour gagner en puissance d’aprĂšs la premiĂšre formule, il faudra donc rĂ©aliser des entrainements qui allient la vitesse et la force.

L’accĂ©lĂ©ration 

Nous allons voir 2 types d’entrainements diffĂ©rents visant Ă  amĂ©liorer l’accĂ©lĂ©ration : l’entrainement en rĂ©sistance, plus fonctionnel, lorsque des forces opposĂ©es Ă  la direction de l’athlĂšte l’obligent Ă  produire un travail musculaire plus important et l’entrainement en force pure, qui repose sur une musculation spĂ©cifique des structures impliquĂ©es lors de l’accĂ©lĂ©ration.

Entrainement en résistance :

Poursuivons avec un peu de mathématique trÚs simple.

Accélération = Force / Masse

Cela se traduit par simplement par : plus on augmente la force, plus on augmente l’accĂ©lĂ©ration.

Il faudrait donc rĂ©aliser un travail de sprint en y augmentant la force Ă  gĂ©nĂ©rer par l’athlĂšte. Pour cela il faut donc lui rajouter de la rĂ©sistance avec du poids ou une force Ă©lastique comme avec un traineau ou un gilet lestĂ© ce qui le poussera alors sur chaque appui Ă  produire plus de force.

Et nous allons donc voir quelles sont les charges permettant la meilleure amélioration possible.

Le poids Ă  utiliser pour le traĂźneau ne devrait pas dĂ©passer 10-12.6% du poids de l’athlĂšte sous peine de provoquer des changements cinĂ©matiques du sprint trop importants. Le problĂšme c’est que beaucoup d’études se contredisent sur la charge optimale. En effet, d’autres Ă©tudes indiquent qu’afin d’amĂ©liorer la phase initiale de l’accĂ©lĂ©ration (le dĂ©part), des charges Ă  environ 20% du poids devraient ĂȘtre utilisĂ©es alors que pour amĂ©liorer la vitesse d’accĂ©lĂ©ration (entre 20 et 40mĂštres) des charges aux alentours de 5-12,5% du poids de l’athlĂšte seraient prĂ©fĂ©rĂ©es.

Nous voyons donc que la science reste partagĂ©e sur le sujet. Beaucoup s’accordent tout de mĂȘme sur le fait que pour amĂ©liorer l’accĂ©lĂ©ration au dĂ©part, des charges lourdes seraient plus efficaces alors que pour amĂ©liorer l’accĂ©lĂ©ration aprĂšs 30 mĂštres des charges plus lĂ©gĂšres seront Ă  prĂ©coniser.

Il a Ă©tĂ© Ă©galement recommandĂ© que ces Ă©quipements ne doivent pas entrainer une chute de plus de 10% sur la vitesse maximale de l’athlĂšte, car cela pourrait aboutir Ă  des effets adverses en entrainant des dysfonctionnements dans la technique de course. Lorsque l’on veut travailler l’accĂ©lĂ©ration, il est inutile de travailler sur de trop longues distances.

Finalement, est-ce mieux que l’entrainement de sprint « normal » (sans Ă©quipements) ?

Le travail de sprint « normal » et un sprint avec un traineau lesté ont tous les deux apporté des améliorations de la vitesse sur des distances de 10 et 30 mÚtres avec de meilleurs résultats pour le groupe avec le traßneau indéniablement. 

Entrainement en force :

Une autre mĂ©thode d’entraĂźnement repose plus sur la musculation de l’athlĂšte. En effet, lorsque l’athlĂšte court, la direction de la force sur le sol va vers l’arriĂšre afin de permettre Ă  l’athlĂšte de se propulser vers l’avant. Si l’on se base sur cette interaction, il semblerait intĂ©ressant de renforcer les muscles responsables de gĂ©nĂ©rer les forces lors du contact avec le sol.

  • Durant la phase de propulsion, les extenseurs de hanche (producteur principal de force horizontale, type de force trĂšs importante dans le sprint) et les quadriceps sont directement responsables de la gĂ©nĂ©ration de forces explosives.

  • Les ischiojambiers jouent un rĂŽle essentiel afin de ralentir la jambe pour prĂ©parer l’impact sur le sol en plus d’aider l’extension de hanche.

  • Le renforcement des flĂ©chisseurs de hanche (psoas) est Ă©galement important, car leur force et leur puissance permettent d’accĂ©lĂ©rer plus rapidement en amenant la hanche depuis une position d’extension Ă  une position de flexion.

  • Les muscles extenseurs du dos et de la gaine abdominale sont Ă©galement corrĂ©lĂ©s avec une meilleure performance de sprint.

Dans une optique d’amĂ©liorer une performance sur un sprint, nous allons prĂ©fĂ©rer les exercices mimant la biomĂ©canique du sprint plutĂŽt que les machines visant Ă  amĂ©liorer spĂ©cifiquement un muscle. Des exercices pluriarticulaires comme des squats, fentes ou bien step-ups en chaine cinĂ©tique fermĂ©e demanderont Ă  l’athlĂšte d’effectuer une stabilisation, un contrĂŽle et une rĂ©sistance aux mouvements indĂ©sirables. Voici des exemples d’exercices :

Fentes "skater" sur step: 

Fentes spécifiques:

Les squats sautĂ©s ont Ă©galement fait leurs preuves dans l’amĂ©lioration de la vitesse sur 5 et 30 mĂštres. C’est un exercice facile d'implantation dans un programme et il ne requiert pas une exĂ©cution complexe.

Squats sautés:

La vitesse maximale sera atteinte quand le sprinter ou l’athlĂšte rĂ©alisera les plus grandes foulĂ©es Ă  la frĂ©quence la plus rapide. L’accĂ©lĂ©ration vise donc Ă  augmenter la frĂ©quence des foulĂ©es et leur longueur le plus rapidement possible afin d’atteindre la vitesse maximale.   

D’autres thĂ©ories et dĂ©bats sur la vitesse existent Ă©galement : il s‘agirait de la vitesse de contraction, donc de rĂ©trĂ©cissement du muscle, qui permettrait de courir trĂšs vite et non le mouvement en lui-mĂȘme. Pour cela, il est important de comprendre la notion d’inertie musculaire.

 

L’inertie musculaire et vitesse de contraction

L'inertie peut ĂȘtre dĂ©finie comme la tendance d'un corps Ă  maintenir invariable son mouvement. Si les forces qui s'exercent sur un corps sont nulles, alors ce corps conservera son Ă©tat initial. Si un ballon est sur le sol, il ne changera pas son Ă©tat tant qu'aucune nouvelle force ne s'appliquera sur lui. Et pour dĂ©placer ce ballon, la force nĂ©cessaire dĂ©pendra de sa masse et de l'accĂ©lĂ©ration qu'il subira.

*La démonstration ci-dessous ne prend pas en compte les forces de frottement.

Sur le premier schéma ci-dessous nous voyons une bille qui dévale une pente et subit donc une accélération. Quelles sont les forces impliquées dans ce phénomÚne ?

  • PremiĂšrement, la bille, tout comme un muscle, possĂšde une masse. Cette force reprĂ©sentĂ©e en vert est verticale et dirigĂ©e vers le bas Ă  cause de la gravitĂ©.

  • En bleu, il s’agit de la force de rĂ©action du support qui est perpendiculaire au support lui-mĂȘme.

  • Ces deux forces entrainent donc une force rĂ©sultante en rouge, qui modifie le mouvement dans le sens et la direction de la flĂšche

Crédits: NeuroXtrain

Mais que se passe-t-il lorsque la bille ne subit plus l’accĂ©lĂ©ration de la pente ?

Comme nous pouvons le voir sur le schĂ©ma suivant, lorsque la surface est plate, les forces de rĂ©action du support et du poids de la bille s’opposent et rĂ©sultent donc en une force nulle 
 et pourtant la bille est en mouvement ! La bille possĂšde donc une inertie qui lui permet de continuer son mouvement. Et si cette bille dĂ©sire s’arrĂȘter ou freiner son mouvement, elle doit donc gĂ©nĂ©rer une force opposĂ©e Ă  son mouvement. Une bille n’est Ă©videmment pas capable de gĂ©nĂ©rer quelconque force seule, en revanche les muscles si 


Crédits: NeuroXtrain

Si à présent nous faisons la parallÚle de ce concept au niveau musculaire :

Les muscles, comme notre bille jaune, possĂšdent une certaine masse. Lorsqu’ils se contractent pour rĂ©aliser un geste particulier, cela entraĂźne une dĂ©formation du tissu musculaire. La contraction raccourcit le tissu musculaire pour permettre le mouvement. Cette dĂ©formation entraine donc une inertie Ă  laquelle le muscle se doit de faire face pour contrĂŽler le mouvement. Si l’on en suit les formules de Newton, l’inertie des tissus musculaires est proportionnelle au volume et Ă  la masse musculaire.

Ross et Wakeling ont approfondi le sujet :  comme la taille du muscle augmente, la capacité du muscle à surmonter sa charge inertielle diminuera, en réponse au fait que la tension musculaire est proportionnelle à la zone transversale du muscle et que la charge inertielle est proportionnelle à la masse. Ainsi, les muscles de plus grande taille auront un coût inertiel plus élevé à la contraction. Ces résultats montrent que les charges inertielles dans le muscle contribuent à un ralentissement des vitesses contractiles musculaires (taux de contrainte), en particulier aux activations sous-maximales qui sont typiques du sprint.

Et concrÚtement ?

ConcrĂštement plus le muscle est volumineux, plus grande sera la charge inertielle Ă  contrer et moins rapide sera la contraction. Les mĂ©thodes d’entrainement devraient donc considĂ©rer de ce phĂ©nomĂšne, notamment pour le sprint et l’accĂ©lĂ©ration, en rĂ©duisant le travail de volume musculaire pour Ă©viter d’altĂ©rer la cinĂ©matique de la course et la vitesse de contraction musculaire.

Nouvelles technologies :

Nous allons voir dans cette rubrique un tapis de course un peu particulier, il s’agit du HiTrainer un tapis de course non motorisĂ©. SpĂ©cialisĂ© dans un objectif d’amĂ©lioration de l’accĂ©lĂ©ration et de la puissance, il est fait de maniĂšre Ă  ce que le maximum de muscles soit engagĂ©s. L’athlĂšte possĂšde Ă©galement une position particuliĂšre lors de la course : une inclinaison avant qui rĂ©duit l'impact des articulations, favorise la production de forces au sol (propulsion) et recrute la chaĂźne musculaire postĂ©rieure dans une position de sprint sĂ»re qui protĂšge les ischiojambiers lors d'un effort maximal.

Crédits: HiTrainer

Tout le contenu de cet article est prĂ©sentĂ© Ă  titre informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis ou la visite d’un professionnel de santĂ©.

Cet article n'inclut pas de partenariat commercial avec les produits cités. Ils ne sont présentés qu'à titre d'exemple en rapport avec l'article.

Sources:

Loturco, I., Pereira, L. A., Kobal, R., Maldonado, T., Piazzi, A. F., Bottino, A., Kitamura, K., Cal Abad, C. C., de Arruda, M., & Nakamura, F. Y. (2016). Improving Sprint Performance in Soccer: Effectiveness of Jump Squat and Olympic Push Press Exercises. PloS one, 11(4), e0153958. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0153958. Article sous Licence Creative Commons. Modifications apportées : Traduction.

Prieske, O., KrĂŒger, T., Aehle, M., Bauer, E., & Granacher, U. (2018). Effects of Resisted Sprint Training and Traditional Power Training on Sprint, Jump, and Balance Performance in Healthy Young Adults: A Randomized Controlled Trial. Frontiers in physiology, 9, 156. https://doi.org/10.3389/fphys.2018.00156 Article sous licence Creative Commons. Modifications apportĂ©es: Traduction.

Martinopoulou, Klimentini & POLYXENI, ARGEITAKI & Paradisis, Giorgos & Katsikas, Christos & Smirniotoy, Athanasia. (2011). The Effects of Resisted Training Using Parachuteon Sprint Performance. Journal Biology of Exercise. 7. 7. 10.4127/jbe.2011.0040.

Dawes, Jay PhD1; Lentz, Doug MS. 2012. . Methods of Developing Power to Improve Acceleration for the Non-Track Athlete.

Bachero-Mena B, González-Badillo JJ. Effects of resisted sprint training on acceleration with three different loads accounting for 5, 12.5, and 20% of body mass. J Strength Cond Res. 2014;28(10):2954‐2960. doi:10.1519/JSC.0000000000000492

Ross, S. A., & Wakeling, J. M. (2016). Muscle shortening velocity depends on tissue inertia and level of activation during submaximal contractions. Biology letters, 12(6), 20151041. https://doi.org/10.1098/rsbl.2015.1041

Liens web:

https://www.hitrainer.com/

https://altis.world/wp-content/uploads/2018/01/Screenshot-2018-01-30-07.18.16-1-1056x703.png