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Sportives de haut niveau : l’excellence de leurs performances

// PERFORMANCE

Au fils des annĂ©es, les performances ne cessent d’augmenter, chez les hommes comme chez les femmes.

Mise en ligne le 05 Apr 2020
Mise Ă  jour le 15 Jan 2025
AthlÚte féminine
Nathan

Nathan

Au fils des annĂ©es, les performances ne cessent d’augmenter, chez les hommes comme chez les femmes. Cependant, les fonctionnements physiologiques diffĂ©rents en fonction du sexe entraĂźnent des limitations dans la rĂ©alisation de records. Les femmes possĂšdent beaucoup plus de contraintes physiologiques que les hommes, entre les hormones, les menstruations, la grossesse, etc. Nous allons donc Ă©tudier les caractĂ©ristiques de l’athlĂšte fĂ©minine entre performance et comportement physiologique puis nous aborderons la grossesse ainsi que la pĂ©riode post-partum chez une athlĂšte de haut niveau.

Beaucoup d’entre vous ont surement dĂ©jĂ  entendu parler de la triade de la sportive : lorsqu’une femme pratique une activitĂ© physique trĂšs intense, elle peut exprimer diffĂ©rents symptĂŽmes : des troubles menstruels (amĂ©norrhĂ©e), des troubles du comportement alimentaire (anorexie/boulimie) et une dĂ©minĂ©ralisation des os.

Crédits: NeuroXtrain

Au-delà du niveau hormonal, quelles sont les différentes caractéristiques entre les athlÚtes hommes et femmes ?

Anatomique : Dans les disciplines athlĂ©tiques oĂč le contrĂŽle de l’équilibre est trĂšs important (par exemple, la gymnastique), la stature plus courte et le bassin plus large donnent aux femmes un centre de gravitĂ© infĂ©rieur, ce qui leur procure un avantage substantiel. En revanche, un bassin plus large peut produire un varus des hanches, une augmentation de l’antĂ©version fĂ©morale et du valgus du genou ayant pour rĂ©sultat un angle Q accru, qui est connu pour ĂȘtre un facteur prĂ©disposant pour des problĂšmes patello-fĂ©moraux ou ligamentaires (LCA).

Musculaire : Diverses Ă©tudes ont montrĂ© que lorsque seule la qualitĂ© musculaire (types de fibres, recrutement des fibres, temps de rĂ©action Ă  la contraction, etc.) est concernĂ©e, les muscles des hommes et des femmes ne sont pas si diffĂ©rents. Il semble, cependant, que les diffĂ©rences de force et de puissance entre les sexes sont une consĂ©quence de la quantitĂ© musculaire et non pas de leur qualitĂ©. Des Ă©tudes ont Ă©galement montrĂ© que les athlĂštes fĂ©minines ont une souplesse accrue des ischiojambiers qui pourrait ĂȘtre responsable d’une exposition augmentĂ©e Ă  un risque de blessure du ligament croisĂ© antĂ©rieur (LCA)

Ligamentaire: Les athlĂštes fĂ©minines ont une laxitĂ© articulaire gĂ©nĂ©rale plus importante que leurs homologues masculins. Cela peut ĂȘtre attribuĂ© Ă  la masse musculaire (moindre chez les femmes) qui ne parvient pas Ă  retenir l’amplitude de mouvement excessive. Ces observations sont particuliĂšrement vraies pour le genou, la cheville et l’articulation du coude. Plusieurs Ă©tudes ont montrĂ© que la laxitĂ© articulaire et l’hyperextension augmentent considĂ©rablement le risque de blessure au LCA chez les sujets fĂ©minins.

Voici les principales diffĂ©rences anatomiques entre les femmes (A) et les hommes (B). Évidemment, chaque posture est diffĂ©rente, ce sont des caractĂ©ristiques anatomiques gĂ©nĂ©rales qui ne s’appliquent pas Ă  tous les hommes et toutes les femmes.

Crédits: . https://doi.org/10.3325/cmj.2007.6.767 CC 4.0

A

B

1 : Développement inférieur de la musculature de la cuisse

2 : Souplesse plus importante

3 : Vaste médial moins développé

4 : Valgus du genou

5 : Antéversion fémorale

6 : Pelvis plus large

7 : Échancrure fĂ©morale plus petite

8 : Rotation externe du tibia  

 

1 : Musculature de la cuisse plus développée

2 : Moins de souplesse

3 : Hypertrophie du vaste médial

4 : Varus du genou

5 : Pelvis plus étroit

6 : échancrure fémorale plus grande

7 : Rotation interne ou neutre du tibia

 

 

 

Une psychologie différente

En outre, il est important de noter qu’à l’origine, dans la plupart des cultures occidentales temps la participation sportive Ă©tait considĂ©rĂ©e comme exclusive pour les hommes. La rĂ©ussite, l’agressivitĂ© et le dĂ©sir de gagner  Ă©taient traditionnellement dĂ©crits comme des qualitĂ©s masculines et non fĂ©minines. La philosophie s’organise autour de ce concept : «l’athlĂšte masculin gagnant vient de prouver sa masculinitĂ©, tandis que la femme gagnante a souvent besoin de justifier sa fĂ©minité».  Ce genre de prĂ©jugĂ©, en combinaison avec certains traits de personnalitĂ©, peut conduire Ă  des Ă©pisodes de dĂ©pression et d’anxiĂ©tĂ© parce qu’une athlĂšte fĂ©minine peut sentir qu’elle n’est pas Ă  la hauteur des attentes perçues de son sexe. Les athlĂštes fĂ©minines ont des scores plus faibles lors d’évaluation sur la domination et la confiance et plus Ă©levĂ©s sur l’impulsivitĂ©, la tension et l’anxiĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale que les athlĂštes masculins. Il convient de noter que la pression de « gagner Ă  tout prix », d’un parent ou d’un entraĂźneur trop imposant, et l’isolement social causĂ© par une participation aux compĂ©titions de haut niveau peut Ă©galement augmenter le risque de l’athlĂšte de dĂ©velopper certains problĂšmes, tels que les troubles de l’alimentation. Ces caractĂ©ristiques sont connues pour ĂȘtre des facteurs contribuant au dĂ©veloppement du syndrome de la triade de la sportive expliquĂ©e prĂ©cĂ©demment.

Compte tenu des diffĂ©rences musculaires, physiologiques et anatomiques, des risques de blessures supplĂ©mentaires (jusqu’à 4x pour une rupture du ligament croisĂ© antĂ©rieur), de potentielles grossesses, de la psychologie du sport de haut niveau, les performances que rĂ©alisent les femmes aujourd’hui sont impressionnantes et plus qu’honorables.

 

Grossesse et post-partum chez les sportives de haut niveau

Être athlĂšte de haut niveau, ce sont des heures et des heures d’entraĂźnement, sous tous les temps, des compĂ©titions aux quatre coins du monde, une pression quotidienne, une quĂȘte Ă©ternelle d’amĂ©lioration de ses performances. C’est aussi des victoires, des dĂ©faites, de la joie de la dĂ©ception. Mais dans tout ça, les athlĂštes restent humains et ont Ă©galement la volontĂ© de donner la vie. Comment les femmes font-elles pour allier grossesse et sport de haut niveau ? Un arrĂȘt de 9 mois est-il envisageable ? Et comment se passe l’aprĂšs ? Comment revenir Ă  son niveau aprĂšs avoir accouché ?

Avant toute chose, il faut savoir que la science manque d’études et de recherches de qualitĂ©s sur la grossesse et le postpartum chez les femmes. Aux alentours de 30 ans, beaucoup de femmes atteignent un niveau performance trĂšs Ă©levĂ©e. GrĂące aux avancĂ©s scientifiques et technologiques notamment sur la rĂ©cupĂ©ration, les traitements en cas de blessures, leur condition physique Ă©pate. Certaines souhaitent alors avoir un enfant et retrouver la compĂ©tition une fois la grossesse terminĂ©e. 

Continuer la compĂ©tition alors que l’athlĂšte est enceinte est quelque chose de rĂ©alisable. En effet, il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© observĂ© des femmes participant aux Jeux Olympiques alors qu’elles Ă©taient enceintes. Cependant, cela dĂ©pend du sport pratiquĂ©, en effet les sports tels que la plongĂ©e, les sports de contact ou les sports Ă  risques de chutes sont Ă  Ă©viter.

Alysia Montano, mĂ©daillĂ©e de bronze aux championnats du monde de Moscou et Daegu sur 800 m, avait fait parler d’elle en prenant le dĂ©part de la finale du 800 m au championnat amĂ©ricain à cinq et huit mois de grossesse.

Crédits : https://gotracktownusa.com/inside_track/2015/04/alysia-montano-olympian-inspired-motherhood/

En l’absence de contre-indication mĂ©dicale ou obstĂ©tricale, toutes les femmes enceintes sont encouragĂ©es Ă  rester physiquement actives pendant au moins 150 minutes par semaine en rĂ©alisant une activitĂ© aĂ©robique d’intensité modĂ©rĂ©e.

L’exercice aĂ©robique d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e tout au long de la grossesse est connu pour avoir comme consĂ©quence des taux rĂ©duits de cĂ©sariennes,une incidence plus faible du diabĂšte gestationnel et des problĂšmes de tension artĂ©rielle.

C’est un peu diffĂ©rent pour les athlĂštes : certaines Ă©tudes suggĂšrent que les athlĂštes enceintes peuvent rencontrer plus de risques de fausse couche, naissance prĂ©maturĂ©e, un accouchement plus long, des dysfonctionnements du plancher pelvien ainsi que des douleurs au bas du dos.

Une information importante à prendre en compte : le drainage de calcium du squelette maternel pendant la fin de la grossesse et la perte de calcium due à la production de lait maternel pourrait potentiellement entraßner un risque accru de fractures de fragilité pendant la période post-partum.

Évidemment, il y a toujours quelques exceptions : Marit BjĂžrgen est une skieuse de fond norvĂ©gienne. Elle s’est entraĂźnĂ©e pendant sa grossesse, a donnĂ© naissance Ă  un bĂ©bĂ© en bonne santĂ©, a remportĂ© quatre mĂ©dailles au Championnat du monde suivant et est devenue l’athlĂšte la plus couronnĂ©e de tous les temps aux Jeux olympiques d’hiver en fĂ©vrier 2018. Malheureusement, elle a subi deux fractures de stress au niveau du sacrum pendant sa pĂ©riode post-partum.

Crédits: https://www.eurosport.fr/ski-de-fond/pyeongchang/2018/huitieme-titre-olympique-pour-marit-bjoergen-record-egale_sto6653741/story.shtml

L’exercice intensif à 90 % de la frĂ©quence cardiaque maximale maternelle, en particulier dans les conditions chaudes et humides, pourrait entraĂźner une situation hypoxique pour le fƓtus. C’est Ă©galement le cas pour l’entraĂźnement intensif en altitude de 1500 Ă  2000m en raison de la diminution de la saturation en oxygĂšne artĂ©riel fƓtal.

Les chercheurs se font rares dans le domaine de l’entraĂźnement de haute intensitĂ© pendant la grossesse, cependant Karel se distingue avec des rĂ©sultats intĂ©ressants : ses recherches ont indiqué que les athlĂštes fĂ©minines peuvent s’entraĂźner en toute sĂ©curitĂ© Ă  des intensitĂ©s Ă©levĂ©es tout au long des grossesses simples (sans complications). En fait, les femmes bien entraĂźnĂ©es peuvent bĂ©nĂ©ficier de l’entraĂźnement Ă  des volumes Ă©levĂ©s pendant la grossesse, car, lors de son Ă©tude, ce dernier n’aurait pas menacĂ© la santĂ© de la mĂšre ou du fƓtus et a mĂȘme maintenu la condition physique initiale chez les athlĂštes enceintes permettant un return to play plus rapide. 

 

Entraßnement anténatal 

L’entraĂźnement antĂ©natal pourrait permettre d’accĂ©lĂ©rer le return to play et de diminuer le risque de blessure en post-partum. Plusieurs Ă©lĂ©ments sont Ă  prendre en compte :

  • État psychologique de la maman, complications durant la grossesse, santĂ© de la mĂšre et du foetus.

  • Mouvement spĂ©cifique au sport que l’athlĂšte devra rĂ©aliser en revenant de sa grossesse. Adapter en fonction du type de mouvement.

  • La condition physique.

En plus d’un entraĂźnement afin de maintenir la force musculaire une approche spĂ©cifique au sport visant à conserver les schĂ©mas neuromusculaires peut s’avĂ©rer efficace pour le maintien de performance par la suite : lors du troisiĂšme trimestre lorsque les femmes se tiennent debout elles dĂ©montrent une activation accrue sur l’EMG (Ă©lectromyographie : mesure de l’activitĂ© musculaire) des muscles extenseurs lombaires et pelviens. Ces Ă©lĂ©ments montrent comment les muscles extenseurs du tronc dĂ©veloppent des rĂ©ponses adaptatives Ă  l’augmentation du volume abdominal. Comprendre toutes les adaptations musculaires du corps de la femme permettra d’axer les exercices en fonction de son sport et de ses capacitĂ©s.

L’entraĂźnement sans impact est Ă  privilĂ©gier tout de mĂȘme en fin de grossesses en raison des potentiels dysfonctionnements du plancher pelvien. Il est Ă©galement important de prendre en compte que les femmes enceintes peuvent se retrouver essoufflĂ©es plus rapidement Ă  cause de l’augmentation du volume sanguin nĂ©cessaire Ă  l’apport d’oxygĂšne et de nutriment pour le fƓtus.

 

Nouvelles technologies :

Les nouvelles technologies vont surtout s’axer afin de « tracker » le cycle menstruel des athlĂštes, car il s’avĂšre que cela peut aider notamment Ă  prĂ©venir le risque de blessure, en effet : les femmes possĂšdent plus de risques de se blesser au ligament croisĂ© antĂ©rieur lors de la premiĂšre moitiĂ© du cycle.

Voici différentes applications permettant de tracker son cycle menstruel :

Cycle tracking d’Apple : Compatible avec l’Apple Watch et facile d’utilisation, la combinaison tĂ©lĂ©phone + montre peut ĂȘtre une bonne option pour avoir son suivi quotidien.

Crédits : https://support.apple.com/fr-fr/HT210407

Clue : Il s’agit de l’une des applications de tracking du cycle menstruel la plus populaire qui saura surement satisfaire la majoritĂ©. 

Crédits : https://helloclue.com

Tout le contenu de cet article est prĂ©sentĂ© Ă  titre informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis ou la visite d’un professionnel de santĂ©.

Cet article n'inclut pas de partenariat commercial avec les produits cités. Ils ne sont présentés qu'à titre d'exemple en rapport avec l'article.

 

Sources :

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